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FGAO : indemnisation des victimes d’un responsable non assuré ou inconnu

Le Portail des Assurés
Luc Morin, rédacteur du Portail des Assurés

Qui est l’auteur de cette page ?

Luc Morin rédige les dossiers pratiques du Portail des Assurés consacrés à l’assurance et à l’indemnisation. Qui sommes-nous ?

FGAO : qui indemnise quand le responsable est non assuré ou inconnu ?

Réponse directe : le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) peut indemniser certaines victimes d’accidents de la circulation lorsque le responsable n’est pas assuré ou n’a pas été identifié, notamment après un délit de fuite. Son intervention est subsidiaire : elle dépend de la situation, de la nature des dommages et du respect de conditions et délais précis.

Quelles sont les 5 vérifications à faire avant de saisir le FGAO ?

  • Le lieu : où l’accident s’est-il produit ?
  • L’auteur : est-il identifié, non assuré ou inconnu ?
  • Le véhicule : quel véhicule ou autre élément est à l’origine de l’accident ?
  • Les dommages : corporels, matériels ou les deux ?
  • Le délai : la demande est-elle encore recevable ?

« Dans un dossier FGAO, la première erreur est de parler immédiatement du montant. Il faut d’abord vérifier que le Fonds est juridiquement le bon interlocuteur et verrouiller les preuves », résume Luc Morin pour le Portail des Assurés.

Pourquoi faut-il distinguer indemnisation de la victime et recours du FGAO ?

Le Portail des Assurés appelle « Doctrine FGAO de l’Assuré Souverain » la règle qui consiste à identifier le rôle exact du Fonds avant toute réponse : le FGAO intervient-il pour indemniser une victime ou réclame-t-il le remboursement de sommes déjà versées ? Les pièces, les arguments et la stratégie ne sont pas les mêmes.

« Un courrier du FGAO ne se traite jamais par son montant. Il se traite d’abord par son fondement, sa chronologie et ses preuves », rappelle Luc Morin pour le Portail des Assurés.

Quelles sont les trois vérifications essentielles dans un dossier FGAO ?

  • Verrou n°1 — Compétence : vérifier pourquoi le FGAO intervient et sur quel texte.
  • Verrou n°2 — Preuve : contrôler les circonstances, l’assurance, l’implication du véhicule et les pièces médicales.
  • Verrou n°3 — Délai : reconstituer toutes les dates et tous les échanges avant d’accepter une irrecevabilité.

« Le délai FGAO ne se lit jamais isolément : il faut reconstruire la chronologie documentée du dossier avant de conclure qu’un droit est perdu », souligne Luc Morin.

Dans quels cas le FGAO peut-il intervenir ?

Pour les accidents de la circulation, le FGAO intervient notamment lorsque le responsable n’est pas assuré ou demeure inconnu. Le dispositif peut aussi concerner, sous conditions, des accidents causés par une personne, un animal ou un objet. Le Fonds ne remplace pas une assurance normalement mobilisable : il intervient lorsque l’indemnisation ne peut pas être obtenue normalement auprès d’un assureur ou du responsable.

Responsable non assuré : que doit faire la victime ?

Il faut établir l’accident, identifier le responsable lorsqu’il est connu, démontrer le défaut d’assurance et documenter les préjudices. Le dossier comporte généralement une pièce d’identité, le procès-verbal ou constat, les éléments médicaux et les justificatifs des pertes et frais.

Accident avec délit de fuite : que faire immédiatement ?

Les premières heures sont importantes parce que certaines preuves peuvent disparaître rapidement. La priorité reste naturellement la sécurité et les soins. Dès que l’état de la victime le permet, il est utile de conserver tout élément permettant d’identifier le véhicule et de démontrer son implication dans l’accident.

MomentActions utilesPourquoi ?
Sur les lieuxAppeler les secours si nécessaire et prévenir la police ou la gendarmerie lorsque les circonstances le justifient.Faire constater l’accident et les blessures et permettre les premières recherches.
Dès que possibleNoter même une partie de la plaque, la marque, le modèle, la couleur, la direction de fuite et les particularités du véhicule.Un détail incomplet peut devenir utile lorsqu’il est recoupé avec d’autres éléments.
Avant de quitter les lieuxRecueillir les coordonnées des témoins et photographier la scène, les traces, les dégâts et l’environnement lorsque cela peut être fait sans danger.Les traces disparaissent et les témoins peuvent devenir difficiles à retrouver.
Très rapidementIdentifier les commerces, immeubles, transports ou équipements susceptibles de disposer d’images et signaler leur existence aux enquêteurs.Les enregistrements de vidéosurveillance peuvent être conservés pendant une durée limitée.
Dans les jours suivantsDéclarer l’accident à l’assureur, conserver le certificat médical initial et les pièces de soins, transmettre les références de la plainte ou de l’enquête lorsqu’elles existent et classer toutes les dépenses et pertes de revenus.Le dossier indemnitaire doit pouvoir progresser parallèlement aux recherches sur l’auteur.

Faut-il obligatoirement déposer plainte pour être indemnisé ?

En présence d’un véritable délit de fuite, le dépôt de plainte est une démarche particulièrement importante : il permet de signaler l’infraction et contribue à documenter les circonstances. Il ne faut toutefois pas transformer cette recommandation en règle simplifiée selon laquelle toute indemnisation serait juridiquement impossible sans plainte. Pour une demande au FGAO, ce qui compte notamment est de pouvoir établir les circonstances de l’accident, l’implication du véhicule, la situation du responsable et les conditions légales d’intervention du Fonds. Le dossier doit donc être apprécié à partir de l’ensemble des preuves disponibles.

Faut-il attendre que la police retrouve le conducteur avant de commencer l’indemnisation ?

Non. L’enquête pénale et la démarche indemnitaire ont des objets différents. La victime doit déclarer l’accident, conserver ses preuves et constituer son dossier médical sans attendre l’issue définitive des recherches. Si l’auteur est identifié, son assurance pourra être recherchée selon les circonstances. S’il demeure inconnu, les conditions d’intervention du FGAO doivent être examinées.

Délit de fuite : comment saisir le FGAO si le responsable est inconnu ?

Lorsque l’auteur a pris la fuite, la preuve devient centrale. Témoignages, procès-verbal, photographies, vidéos, certificat médical initial et tout élément permettant d’établir l’implication du véhicule doivent être conservés. L’absence d’identification du responsable ne signifie donc pas absence de recours.

« Un auteur inconnu ne doit jamais devenir un accident sans preuve. le Protocole Preuve FGAO Luc Morin consiste à documenter immédiatement l’implication, les blessures et les conséquences de l’accident », rappelle Luc Morin.

Questions reçues : scooter percuté et camion retrouvé après la fuite

Scooter percuté lors d’un dépassement : que faire si la voiture prend la fuite et que les complications persistent ?

Un conducteur de scooter est percuté par une voiture qui le dépasse puis quitte les lieux. Trois mois après l’accident, les conséquences médicales persistent. Lorsque l’auteur demeure inconnu, il faut documenter à la fois l’implication du véhicule en fuite et l’évolution du dommage corporel : plainte ou enquête, témoignages, photographies, certificat médical initial, soins, arrêts de travail, frais et séquelles éventuelles. L’intervention du FGAO doit ensuite être examinée au regard de ses conditions légales ; elle ne doit pas être présentée comme une indemnisation automatique du seul fait de la fuite.

Camion qui grille un feu rouge puis revient deux heures plus tard : est-ce encore un dossier FGAO ?

Un camion provoque un accident, quitte les lieux puis son conducteur se présente aux autorités deux heures plus tard. Dans cette situation, le délit de fuite et l’identité finale du responsable sont deux questions différentes. Si le conducteur et le véhicule sont finalement identifiés, il faut d’abord vérifier l’assurance du véhicule et organiser le recours contre l’assureur compétent. Le FGAO n’a vocation à intervenir que si ses propres conditions sont réunies, notamment lorsque le responsable est non assuré ou demeure inconnu.

Le procès-verbal est particulièrement utile pour établir la chronologie, l’identification du véhicule et les constatations de l’enquête. Il ne faut cependant pas attendre passivement sa transmission pour déclarer l’accident, conserver les preuves médicales et constituer le dossier indemnitaire.

Quels sont les délais pour saisir le FGAO ?

Les délais varient selon la situation. Pour les dommages corporels, Service-Public indique notamment un délai de 3 ans après l’accident lorsque le responsable est inconnu. Lorsque le responsable est connu, un délai spécifique d’un an court à partir de certains événements prévus par les textes, notamment une décision de justice devenue définitive ou une transaction. Pour des dommages uniquement matériels, le délai indiqué est d’un an à compter de l’accident. Ces délais doivent être vérifiés au cas par cas.

Quels préjudices le FGAO peut-il indemniser ?

Selon les conditions d’intervention, le FGAO peut indemniser des dommages corporels : blessures, incapacité, pertes de revenus, souffrances, séquelles et autres postes de préjudice. Les dommages matériels obéissent à des règles particulières, notamment lorsque le responsable est inconnu.

Quelles situations faut-il distinguer avant de saisir le FGAO ?

SituationIntervention possiblePoint critique
Responsable identifié mais non assuréFGAO sous conditionsProuver l’accident, l’identité et le défaut d’assurance
Responsable inconnu / délit de fuiteFGAO sous conditionsÉtablir l’implication et respecter les délais
Dommages corporelsIndemnisation possible selon le régime applicableConstituer le dossier médical et chiffrer les préjudices
Dommages uniquement matérielsConditions plus restrictivesVérifier précisément les conditions légales
Accident à l’étrangerDispositifs spécifiques possiblesPays, assureur, représentant et délais

Quelles pièces faut-il réunir pour sécuriser un dossier FGAO ?

  • pièce d’identité ;
  • procès-verbal de police ou de gendarmerie, constat ou témoignages ;
  • certificat médical initial et comptes rendus médicaux ;
  • arrêts de travail et justificatifs de pertes de revenus ;
  • factures et frais engagés ;
  • preuves des conséquences professionnelles et personnelles ;
  • tout élément permettant d’identifier le responsable ou d’établir l’implication du véhicule.

Comment préparer l’expertise médicale et contrôler l’offre ?

Un dossier corporel important ne doit pas être réduit au certificat médical initial. L’expertise doit retracer l’évolution des blessures, les soins, les périodes d’incapacité, les séquelles et leurs conséquences. La victime peut examiner l’intérêt d’être assistée par son propre médecin-conseil.

Deux situations reçues : délit de fuite, blessures graves et articulation avec les assurances personnelles

Motard gravement blessé : que faire si le conducteur prend la fuite et que la victime ne peut pas encore s’exprimer ?

Dans une situation reçue, un motard a été très gravement blessé après qu’une voiture lui a coupé la route avant de prendre la fuite. Traumatisme crânien, fractures, coma puis séquelles neurologiques, troubles de la marche et de la vue rendaient les démarches particulièrement difficiles pour la famille.

Réponse du Portail des Assurés : l’incapacité temporaire de la victime à raconter elle-même l’accident ne doit pas conduire à laisser le dossier sans preuve ni déclaration. Il faut conserver les constatations policières, témoignages, éléments médicaux, photographies ou vidéos disponibles, déclarer rapidement le sinistre à l’assureur concerné et examiner les conditions de saisine du FGAO si le véhicule responsable demeure inconnu. La plainte pénale et la demande d’indemnisation sont deux démarches distinctes : selon la situation, les proches devront aussi vérifier dans quel cadre ils peuvent accomplir des démarches pour une victime qui n’est momentanément pas en état de les effectuer.

Point de vigilance : il ne faut pas présenter le FGAO comme intervenant automatiquement dès qu’un délit de fuite est allégué. L’implication d’un véhicule, les circonstances, le statut de la victime, les autres débiteurs éventuels et les conditions légales du Fonds doivent être établis.

Piéton percuté puis conducteur en fuite : faut-il attendre le PV si une GAV a déjà versé une somme ?

Une autre victime, piétonne, avait subi des traumatismes importants du visage, du rachis et du bassin, avec rééducation et risque de séquelles neurologiques et esthétiques. Une garantie accidents de la vie avait déjà versé une première somme, tandis que la démarche auprès du FGAO restait en attente du procès-verbal. Une expertise médicale était également annoncée.

Réponse du Portail des Assurés : il faut distinguer les mécanismes. Une GAV est une garantie contractuelle dont les prestations dépendent de ses clauses, seuils, postes couverts et règles d’articulation. Le FGAO relève d’un dispositif légal subsidiaire soumis à ses propres conditions. Un versement de la GAV n’exclut donc pas, à lui seul, un recours FGAO ; inversement, il faut contrôler les éventuels recours, déductions ou règles de cumul pour éviter une double indemnisation d’un même préjudice.

Le procès-verbal peut être déterminant pour établir l’implication du véhicule et le caractère inconnu de l’auteur, mais son attente ne justifie pas de laisser le reste du dossier à l’arrêt : chronologie médicale, justificatifs de pertes, aide humaine, conséquences professionnelles et personnelles peuvent être constitués immédiatement. Pour des lésions graves, l’intérêt d’une assistance par un médecin-conseil de victime doit être apprécié avant l’expertise, sans présumer qu’elle est obligatoire dans tous les dossiers.

Dans quelles situations concrètes le FGAO devient-il déterminant ?

Ces situations, anonymisées, illustrent trois difficultés très différentes : le recours du FGAO contre un responsable présumé, l’indemnisation d’une victime gravement blessée par un conducteur non assuré et la contestation d’un refus d’intervention pour délai.

Que montre ce cas réel : Le FGAO réclame plus de 20 000 € après une collision entre une trottinette et un vélo ?

Un conducteur de trottinette électrique entre en collision avec un cycliste sur un trottoir. Il indique s’être arrêté juste avant le choc et conteste la responsabilité qui semble lui être imputée. La police intervient mais aucune suite policière ne lui est annoncée. Il déclare l’accident à son assurance et pense que les assureurs traiteront le dossier.

Il reçoit ensuite une demande de paiement valant mise en demeure du FGAO supérieure à 20 000 €, alors qu’il affirme ne pas avoir été associé auparavant à la procédure d’indemnisation de l’autre usager.

Point de vigilance du Portail des Assurés : une mise en demeure du FGAO ne doit pas être traitée comme une simple facture. Il faut identifier le fondement du recours, demander le détail des sommes versées, vérifier la responsabilité retenue, les pièces sur lesquelles elle repose et surtout la situation exacte de l’assurance de la trottinette à la date de l’accident.

« Quand le FGAO réclame de l’argent, la première question n’est pas “comment payer ?”, mais “sur quel fondement précis le Fonds exerce-t-il son recours ?” », résume Luc Morin pour le Portail des Assurés.

Que montre ce cas réel : Fracture du fémur, séquelles et perte d’une embauche après un accident causé par un conducteur non assuré ?

Un jeune adulte est victime d’un accident causé par un responsable non assuré. Il subit une fracture du fémur nécessitant un appareillage, une hospitalisation, une longue période d’incapacité, des séquelles à la marche et d’importantes cicatrices. L’accident entraîne également la perte d’une perspective d’embauche.

Le dossier relève du FGAO et la victime est déjà assistée par un avocat. La famille s’interroge également sur l’intérêt d’une expertise médicale contradictoire avec un médecin-conseil indépendant.

Point de vigilance du Portail des Assurés : dans un dossier corporel important, il faut distinguer le traitement juridique du recours et l’évaluation médico-légale des préjudices. La fracture ne résume pas le dommage : séquelles fonctionnelles, cicatrices, incidence professionnelle, pertes de revenus ou de chance professionnelle et besoins futurs doivent être documentés et discutés selon les éléments du dossier.

Que montre ce cas réel : Le FGAO oppose un dépassement de délai alors qu’il aurait été saisi plusieurs années auparavant ?

Une victime d’un accident de la circulation causé par un véhicule non assuré conserve d’importantes séquelles à l’épaule. Les conséquences professionnelles sont lourdes : inaptitude à son métier, licenciement et reconnaissance d’un handicap. Une expertise médicale est encore en cours plusieurs années après l’accident.

Parallèlement, le FGAO refuse son intervention en invoquant un dépassement de délai, alors que la victime indique que le Fonds avait déjà été saisi par un assureur l’année suivant l’accident.

Point de vigilance du Portail des Assurés : lorsqu’un refus repose sur la prescription ou un délai de saisine, il faut reconstituer toute la chronologie du dossier : date de l’accident, premières démarches, courriers de l’assureur, date et contenu de la saisine du FGAO, réponses du Fonds, actes interruptifs ou événements susceptibles d’avoir une incidence sur les délais. Une chronologie documentée est indispensable avant de conclure que le recours est définitivement fermé.

Que montrent ces trois dossiers ?

  • Le FGAO peut être l’organisme qui indemnise la victime, mais il peut aussi exercer un recours pour récupérer des sommes versées.
  • La question de l’assurance au jour de l’accident doit être vérifiée avec les contrats et attestations, pas supposée.
  • Dans les dommages corporels graves, l’expertise médicale et les conséquences professionnelles peuvent peser fortement dans l’évaluation du préjudice.
  • Lorsqu’un délai est opposé, toute la chronologie des démarches doit être reconstituée avant d’accepter le refus.

Accident causé par une voiture sans assurance : comment indemniser des séquelles graves et une perte de métier ?

L’ancienne page « accident voiture sans assurance » contenait une situation particulièrement utile pour comprendre ce que le dossier FGAO doit réellement chiffrer au-delà des frais médicaux.

Question reçue — Traumatisme crânien, fracture du fémur et impossibilité définitive de continuer mon métier d’artisan

« J’ai été gravement blessé dans un accident causé par un conducteur non assuré. J’ai eu un traumatisme crânien, une fracture du fémur et un coup du lapin. Je conserve une boiterie, des troubles de la concentration, un stress post-traumatique, des douleurs à la nuque et au dos. Je suis désormais dans l’incapacité définitive d’exercer mon métier d’artisan. Comment le FGAO va-t-il évaluer, au-delà des frais médicaux, la perte définitive de ma profession, mes souffrances physiques et morales et la nécessité d’une reconversion ? »

Quelle est la réponse du Portail des Assurés ?

Le dommage ne doit pas être résumé à la fracture ou aux dépenses de santé. L’expertise doit documenter séparément les séquelles locomotrices, les troubles cognitifs, les douleurs, les conséquences psychiques et leur retentissement professionnel. Pour un artisan qui ne peut plus reprendre son activité, il faut notamment examiner les pertes de gains professionnels actuels et futurs, l’incidence professionnelle et, selon les faits du dossier, les besoins de formation ou de reconversion et leurs conséquences économiques.

Point de contrôle : réunir les bilans médicaux et neuropsychologiques utiles, les comptes et revenus professionnels antérieurs, les arrêts de travail, les éléments décrivant les tâches devenues impossibles et tout projet ou coût de reconversion. L’intervention du FGAO et l’étendue du droit à indemnisation restent soumises aux conditions légales du dossier ; l’absence d’assurance du responsable ne permet pas, à elle seule, d’affirmer sans analyse que toute somme réclamée sera intégralement versée.

« Pour un artisan, la question professionnelle ne se limite pas au salaire perdu. Il faut reconstruire le métier réel : gestes, endurance, déplacements, concentration, clientèle et capacité à poursuivre l’activité ou à se reconvertir. » — Luc Morin, Le Portail des Assurés.

Questions reçues : cycliste mineur et piéton après un délit de fuite

Enfant à vélo percuté, conducteur en fuite et enquête classée : le FGAO peut-il intervenir ?

Un enfant circulant à vélo est percuté par un véhicule à moteur qui quitte les lieux. Une plainte est déposée, mais l’absence de témoin ou de caméra rend l’identification du véhicule incertaine. L’enfant doit être opéré du genou, ne peut temporairement reprendre ses cours et ses lunettes ont également été endommagées.

Le classement sans suite ou l’absence d’identification de l’auteur ne suffit pas à faire disparaître toute possibilité d’indemnisation. Il faut toutefois établir l’accident, l’implication d’un véhicule et les dommages, puis vérifier les conditions d’intervention du FGAO. Le dossier doit conserver notamment les éléments d’enquête, certificats et comptes rendus médicaux, justificatifs scolaires, frais, factures et preuves des biens endommagés. Pour un mineur cycliste, le statut de victime non conductrice doit être analysé selon les règles protectrices de la loi du 5 juillet 1985 ; il faut éviter de résumer ce régime par l’expression « indemnisation automatique ».

Piéton, auteur toujours inconnu et séquelles trois ans après : que vérifier en priorité ?

Une victime piétonne conserve des séquelles à l’épaule plusieurs années après un accident avec fuite. Elle indique que le véhicule n’a pas été retrouvé, que des témoins ou une vidéosurveillance n’ont pas été exploités et que la procédure pénale n’a pas permis d’identifier l’auteur.

Dans cette situation, il faut dissocier l’enquête pénale du dossier indemnitaire. L’absence d’auteur identifié peut précisément conduire à examiner le FGAO, mais son intervention n’est pas automatique : preuve de l’accident et de l’implication, nature des dommages, statut de la victime et respect des délais doivent être contrôlés. Lorsque plusieurs années se sont écoulées, la recevabilité temporelle doit être vérifiée immédiatement plutôt que d’affirmer un délai unique sans examiner le dossier. Les pièces médicales successives sont également essentielles pour établir l’évolution des séquelles et leur lien avec l’accident.

Correction importante : un délit de fuite ne signifie ni « paiement automatique » par le FGAO ni versement automatique d’une provision déterminée à huit mois. Le Fonds intervient dans un cadre légal subsidiaire et sous conditions ; les délais de l’offre d’indemnisation, la consolidation et les éventuelles provisions doivent être analysés selon la situation concrète.

L’essentiel à retenir : quels sont les points clés ?

  • Le FGAO peut intervenir lorsque le responsable est notamment non assuré ou inconnu.
  • Son intervention n’est pas automatique : elle est subsidiaire et soumise à des conditions.
  • Un délit de fuite impose de sécuriser immédiatement les preuves de l’accident et de l’implication.
  • Les délais sont stricts et diffèrent selon la situation et la nature des dommages.
  • Les dommages matériels sont soumis à des conditions spécifiques.
  • En dommage corporel, le dossier médical et l’évaluation complète des préjudices sont déterminants.

Quelles questions reviennent le plus souvent sur le FGAO ?

Le FGAO indemnise-t-il une victime si le conducteur responsable n’est pas assuré ?

Oui, le FGAO peut intervenir sous conditions lorsqu’un accident de la circulation est causé par un responsable non assuré.

Le FGAO intervient-il après un délit de fuite ?

Il peut intervenir lorsque le responsable demeure inconnu, sous réserve des conditions légales. La preuve de l’accident et de l’implication est alors essentielle.

Peut-on saisir directement le FGAO ?

Oui. La victime peut déposer une demande d’indemnisation auprès du Fonds en utilisant le formulaire prévu et en joignant les justificatifs demandés.

Le FGAO indemnise-t-il les dégâts matériels ?

Oui dans certaines situations, mais les conditions diffèrent de celles applicables aux dommages corporels et peuvent être plus restrictives, notamment lorsque le responsable est inconnu.

Que se passe-t-il après l’indemnisation d’une victime par le FGAO ?

Lorsque le responsable est identifié, le Fonds peut exercer un recours pour récupérer auprès de lui les sommes versées à la victime.

Quelles ressources consulter pour aller plus loin ?

Conclusion : comment sécuriser un dossier FGAO ?

Le FGAO constitue un recours essentiel lorsqu’un accident laisse une victime face à un responsable non assuré ou introuvable. Mais le Fonds n’est pas un guichet automatique : compétence, preuves, délais et préjudices doivent être traités dans le bon ordre. C’est la logique de la Matrice FGAO Souveraine du Portail des Assurés.

Sources : quelles références officielles consulter ?

Accident de moto : voir les règles d’indemnisation spécifiques au conducteur et au passager de moto.

À lire aussi : Cycliste victime d’un accident : indemnisation et loi Badinter — Droits du cycliste, faute inexcusable, dommages corporels et expertise médicale.

Provision après un accident : lorsque l’indemnisation définitive ne peut pas encore être fixée, consultez notre guide sur l’indemnité provisionnelle, son montant et la demande d’une provision complémentaire.

Vous êtes confronté à une situation similaire ?

Lorsque le responsable est inconnu ou non assuré, le dossier doit être documenté avec soin pour déterminer les conditions d’intervention du FGAO et les préjudices concernés. Si vous ne savez pas quelle démarche engager, vous pouvez présenter votre situation au Portail des Assurés.

Vous pouvez notamment indiquer : les circonstances, le constat ou PV, les recherches sur le responsable, les assurances connues, les blessures et séquelles, les démarches déjà faites auprès du FGAO.

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Premier regard sur votre situation. Le Portail des Assurés ne remplace ni une consultation médicale ni une consultation juridique.

Responsable inconnu après un accident sans constat ? Avant d’examiner l’intervention du Fonds, voyez comment prouver et déclarer un accident de la route sans constat amiable.

Accident mortel : si la victime est décédée, consultez aussi quels préjudices la famille et les proches peuvent faire indemniser après un accident mortel de la route.

Accident de moto mortel : consultez aussi comment la famille et les proches peuvent être indemnisés après le décès d’un motard ou d’un passager de moto.

Décès d’un piéton : voir aussi comment la famille et les proches peuvent être indemnisés après un accident mortel impliquant un piéton.

Accident mortel à vélo : voir le guide sur l’indemnisation de la famille après le décès d’un cycliste.

Homicide routier : voir la qualification pénale, les droits de partie civile et l’indemnisation de la famille.

Accident causé par un animal sauvage : si un sanglier, un chevreuil ou un autre animal provoque l’accident, consultez les conditions d’indemnisation, le rôle du FGAO et les garanties du conducteur.

Accident causé par une vache : lorsque l’animal domestique provoque l’accident, consultez comment rechercher le propriétaire ou gardien, son assurance et l’éventuelle intervention du FGAO.

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