Un sinistre ? Une question ? Besoin d'être orienté ? ☎ 06 16 79 86 53
🛡️ Le Portail des Assurés — média indépendant d'information et d'orientation
⚖️ TROUVER UN AVOCAT INDÉPENDANT Professionnel référencé — libre choix 🔎 FAIRE ANALYSER MON DOSSIER GRATUIT Première analyse et orientation 📋 TROUVER UN EXPERT INDÉPENDANT Professionnel distinct du Portail

Le Portail des Assurés n'est pas un cabinet de courtage et ne vend aucun contrat d'assurance.

Accident de la voie publique (AVP) : pourquoi deux victimes ne sont pas indemnisées pareil ?

Pourquoi deux personnes blessées dans le même accident de la route peuvent-elles avoir des droits à indemnisation très différents ?

Dans cette vidéo du Portail des Assurés, nous expliquons, à partir d’un exemple concret fictif, comment la loi Badinter distingue la situation du conducteur de celle d’un passager blessé.

Une même collision, deux personnes hospitalisées, deux certificats médicaux mentionnant un accident de la voie publique (AVP)… mais des règles d’indemnisation qui ne sont pas nécessairement les mêmes.

Vidéo : pourquoi deux victimes du même AVP ne sont-elles pas indemnisées pareil ?

Luc Morin explique, à partir d’un exemple fictif, les différences de droits entre un conducteur et sa passagère. Lire la transcription intégrale.

Luc Morin, ancien inspecteur d’assurance, auteur du Portail des Assurés

À propos de l’auteur : Luc Morin

Ancien inspecteur d’assurance, Luc Morin décrypte les droits des victimes d’accidents de la route et les mécanismes d’indemnisation pour Le Portail des Assurés, média indépendant d’information et d’orientation soutenu par l’AVF.

Qui sommes-nous ? Découvrez Le Portail des Assurés

La remarque de l’inspecteur

« AVP » décrit un contexte médical, pas un droit automatique à indemnisation. La première question n’est pas combien vaut la blessure, mais quel régime juridique protège la victime : conducteur, passager, piéton ou cycliste. Ensuite seulement vient l’évaluation des préjudices.

— Synthèse éditoriale du conseil développé par Luc Morin dans la vidéo.

Réponse directe : pourquoi deux victimes du même AVP ne sont-elles pas indemnisées de la même façon ?

Parce que la loi du 5 juillet 1985, dite loi Badinter, distingue notamment les conducteurs des victimes non conductrices. Le conducteur peut voir son indemnisation corporelle limitée ou exclue en raison de sa propre faute (article 4). Le passager bénéficie en principe d’une protection renforcée : sa faute simple ne peut pas lui être opposée pour réduire ses droits corporels (article 3, sous réserve des exceptions légales). Le montant final dépend ensuite des dommages réellement subis et prouvés.

Pour le cadre général : accident de la route et loi Badinter ; pour le sens de l’abréviation : que signifie AVP sur un certificat médical ?.

Exemple fictif : le conducteur franchit un feu rouge, sa passagère est blessée

Un automobiliste franchit un feu rouge et heurte un autre véhicule. Il subit une fracture de la jambe ; sa passagère, une fracture du poignet. Tous deux reçoivent un certificat médical portant la mention « accident de la voie publique ».

Le conducteur : une faute pouvant réduire ou exclure son indemnisation

La faute de conduite doit être analysée dans les circonstances de l’accident. Elle peut limiter ou exclure l’indemnisation de ses propres dommages corporels sur le fondement de l’article 4 de la loi Badinter. Il faut également vérifier l’éventuelle garantie du conducteur prévue par son contrat : son champ, ses exclusions, franchises, seuils et plafonds ne se confondent pas avec les droits ouverts contre un responsable.

Comprendre l’indemnisation du conducteur blessé.

La passagère : une protection corporelle renforcée

La faute du conducteur n’est pas automatiquement opposable à sa passagère. Sous réserve des exceptions strictes prévues par la loi, elle peut demander la réparation de ses préjudices corporels même lorsque le conducteur de son véhicule est à l’origine de la collision. Le principe du droit à indemnisation ne dispense toutefois pas de documenter chaque préjudice.

Comprendre les droits du passager victime.

Tableau : deux blessés, un seul accident, des règles différentes

Point à comparer Conducteur ayant franchi le feu rouge Passagère blessée
Statut Conducteur Victime non conductrice
Faute examinée Sa faute de conduite peut limiter ou exclure ses droits corporels La faute du conducteur ne lui est pas imputée
Règle clé Article 4 de la loi du 5 juillet 1985 Article 3 de la loi du 5 juillet 1985
Garantie à vérifier Responsabilité des parties et garantie corporelle du conducteur Réparation des préjudices corporels selon le régime applicable
Montant final Dépend des droits ouverts, garanties et dommages prouvés Dépend de l’expertise et des préjudices réellement établis

Dans notre cas pratique : que change la raideur du poignet de la passagère ?

Dans ce cas fictif, la passagère a subi six semaines d’arrêt de travail et conserve une raideur du poignet. Son droit à réparation et le montant de cette réparation sont deux questions distinctes : l’expertise devra mesurer les conséquences concrètes de cette blessure, sans s’arrêter aux seules factures médicales. Pour une présentation complète des démarches et des postes de préjudice, consultez notre guide général AVP.

  • Avant consolidation : dépenses de santé, pertes de gains professionnels actuels, assistance par une tierce personne, déficit fonctionnel temporaire et souffrances endurées, selon les justificatifs.
  • Après consolidation : déficit fonctionnel permanent, incidence professionnelle, dépenses futures, préjudice d’agrément et autres postes pertinents, si leurs conditions sont remplies.
  • Preuves utiles : certificat médical initial, comptes rendus, arrêts de travail, attestations d’aide, justificatifs de revenus, suivi des limitations et rapport d’expertise.

Comment est calculée l’indemnisation d’un accident de la route ? — Certificat médical initial : les informations essentielles.

La méthode des trois questions de Luc Morin

  1. Qui était la victime ? Conducteur, passager, piéton, cycliste : le statut change le régime de protection.
  2. Quel véhicule était impliqué ? Vérifier les circonstances de circulation et l’implication d’un véhicule terrestre à moteur.
  3. Quelles preuves fondent ses droits ? Constat, procès-verbal, témoignages, certificat médical, expertises et garanties contractuelles.

Cette méthode pédagogique aide à éviter de chiffrer trop tôt un dossier dont les droits ne sont pas encore clarifiés.

Transcription de la vidéo : le cas du conducteur et de sa passagère

Transcription intégrale de la vidéo présentée ci-dessus.

Bonjour, je suis Luc Morin, ancien inspecteur d’assurance, et aujourd’hui, sur le Portail des Assurés, nous allons parler d’un terme que vous avez peut-être déjà vu sur un certificat médical : AVP, pour accident de la voie publique.

Quand on est blessé dans un accident, on pense naturellement à ses blessures, à ses soins et à l’indemnisation que l’on pourrait recevoir.

Mais il y a une question essentielle à se poser avant même de parler d’argent : dans quelles circonstances l’accident s’est-il produit, et quel était votre statut au moment de l’accident ?

En effet, la mention « AVP » sur un document médical ne signifie pas automatiquement que vous serez indemnisé selon la loi Badinter du 5 juillet 1985.

Cette loi concerne notamment les accidents de la circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur. Et elle ne protège pas de la même façon les conducteurs, les passagers, les piétons et les cyclistes.

Prenons un exemple concret.

Imaginons une voiture qui arrive à une intersection. Son conducteur ne respecte pas un feu rouge et percute un autre véhicule.

Dans cette première voiture se trouvent deux personnes : le conducteur et sa passagère.

Tous les deux sont blessés.

Le conducteur souffre d’une fracture de la jambe. Sa passagère présente une fracture du poignet et plusieurs semaines d’arrêt de travail.

Tous les deux vont à l’hôpital. Tous les deux ont un certificat médical mentionnant un accident de la voie publique.

Et pourtant, leurs droits à indemnisation peuvent être très différents.

Pourquoi ?

Parce que le conducteur a commis une faute : il a franchi le feu rouge. Cette faute peut limiter, voire exclure, son droit à indemnisation pour ses propres blessures, selon les circonstances de l’accident.

Il faudra alors examiner précisément les responsabilités et, éventuellement, les garanties corporelles prévues dans son propre contrat d’assurance.

Mais pour la passagère, c’est une autre histoire.

Elle n’était pas au volant. Elle n’a pas commis la faute du conducteur.

En tant que passagère, elle bénéficie en principe de la protection renforcée prévue par la loi Badinter pour les victimes non conductrices.

Elle peut donc avoir droit à la réparation de ses préjudices corporels, même si le conducteur du véhicule dans lequel elle se trouvait est responsable de l’accident.

Et c’est là que je veux attirer votre attention sur un point très important.

Avoir droit à une indemnisation ne signifie pas que le montant proposé par l’assurance sera nécessairement satisfaisant.

Prenons notre passagère.

Elle a été arrêtée six semaines. Elle a dû se faire aider à domicile pour certaines tâches quotidiennes. Elle a subi des douleurs, et son poignet reste raide plusieurs mois après l’accident.

Si l’on se contente de regarder les frais médicaux et l’arrêt de travail, on risque de passer à côté d’autres conséquences de l’accident.

Il faut notamment examiner les souffrances endurées, les besoins d’assistance, les pertes de revenus éventuelles et les séquelles qui pourraient subsister.

Ces éléments doivent être étudiés médicalement et juridiquement, sans supposer à l’avance qu’ils ouvrent tous droit à une somme déterminée.

Vous voyez donc que, dans un même accident, avec deux certificats médicaux portant la même mention AVP, les situations peuvent être très différentes.

C’est pour cela que je conseille toujours de commencer par trois questions :

Qui était la victime au moment de l’accident ? Quel véhicule était impliqué ? Et sur quelles preuves repose son droit à indemnisation ?

Ensuite seulement, on peut examiner les blessures, l’expertise médicale et les différents postes de préjudice.

Sur le Portail des Assurés, vous trouverez un dossier complet consacré aux accidents de la voie publique, aux démarches à effectuer et aux règles d’indemnisation.

Mon conseil pour terminer : ne vous arrêtez jamais à la simple mention « AVP » sur un certificat médical. Ce sont les circonstances de l’accident et votre situation qui déterminent les règles à appliquer.

À bientôt sur le Portail des Assurés.

Questions fréquentes sur l’AVP et la loi Badinter

La mention AVP sur un certificat médical ouvre-t-elle automatiquement droit à une indemnisation ?

Non. Elle décrit le contexte médical rapporté. Le régime juridique dépend notamment des circonstances de circulation, du véhicule impliqué et du statut de la victime.

Le passager est-il indemnisé même si le conducteur de sa voiture est responsable ?

En principe oui pour ses dommages corporels, sous réserve des exceptions légales applicables aux victimes non conductrices.

Un conducteur fautif peut-il recevoir une indemnisation ?

Selon les circonstances et les fautes retenues, ses droits contre un tiers peuvent être limités ou exclus. Une garantie personnelle du conducteur peut aussi intervenir selon le contrat.

Deux passagers du même véhicule reçoivent-ils forcément la même somme ?

Non. Le droit à réparation peut être comparable, mais les blessures, besoins d’assistance, pertes de revenus et séquelles sont propres à chacun.

Pourquoi le certificat médical initial est-il important ?

Il contribue à établir les lésions constatées après l’accident. Il doit être complété par le suivi médical et les preuves des conséquences dans la vie quotidienne et professionnelle.

Essentiel à retenir

  • « AVP » n’est pas synonyme de droit automatique à indemnisation.
  • Le conducteur et le passager ne relèvent pas des mêmes règles de faute corporelle.
  • Le droit à réparation et le montant proposé sont deux questions distinctes.
  • Chaque poste de préjudice doit être étudié et justifié.

Conclusion : avant de discuter un montant, vérifiez vos droits

Deux victimes du même accident peuvent avoir des droits très différents et des préjudices tout aussi différents. Le bon ordre est de qualifier le statut de la victime, établir les circonstances et les preuves, puis examiner les blessures, l’expertise médicale et les postes d’indemnisation.

Faire analyser gratuitement mon dossier d’accident de la route →

Sources juridiques et lectures complémentaires

Exemple entièrement fictif. Informations générales au 23 octobre 2026 : les règles applicables et les garanties doivent être appréciées selon les faits et les contrats.

Laisser un commentaire

add_action( 'generate_after_footer_content', function() { echo '
Charte | Mentions légales
'; } );