

Assurance d’un majeur protégé : les questions à se poser
Réponse rapide : un majeur protégé peut être assuré. La tutelle, la curatelle ou l’habilitation familiale ne supprime pas automatiquement ses droits en matière d’assurance. En revanche, la personne qui peut souscrire, modifier ou gérer un contrat dépend de la mesure de protection, de la nature de l’acte et parfois du jugement.
À retenir : pour l’assurance-vie, des règles particulières s’appliquent : en tutelle, certains actes nécessitent l’autorisation du juge ou du conseil de famille ; en curatelle, l’assistance du curateur est requise.
En bref : assurance, tutelle et curatelle
- Peut-on assurer un majeur protégé ? Oui.
- Le curateur signe-t-il tous les contrats ? Non. Cela dépend de l’acte et de la mesure.
- Le tuteur peut-il tout décider seul ? Non. Certains actes sont encadrés ou nécessitent une autorisation.
- L’assurance-vie est-elle un cas particulier ? Oui, le Code des assurances prévoit des règles spécifiques.
- Que contrôler en priorité ? Les contrats existants, doublons, garanties, exclusions, franchises, plafonds, bénéficiaires et pouvoirs de la personne qui agit.
Tutelle, curatelle, habilitation familiale… Une mesure de protection ne signifie pas que la personne perd tous ses droits. En assurance, il faut surtout savoir qui peut agir, pour quel contrat et avec quelle autorisation.
Un majeur protégé peut-il être assuré ?
Oui. Une personne protégée peut avoir besoin des mêmes assurances que toute autre personne : habitation, responsabilité civile, automobile, santé, protection juridique ou prévoyance. La mesure de protection détermine surtout les conditions dans lesquelles certains actes peuvent être accomplis.
Qui peut souscrire ou renouveler une assurance habitation ou responsabilité civile ?
La conclusion ou le renouvellement d’un contrat d’assurance de biens ou de responsabilité civile figure parmi les actes d’administration dans le décret qui organise la gestion du patrimoine des personnes en curatelle ou en tutelle. La réponse concrète dépend néanmoins de la mesure de protection et du jugement qui l’organise.
La personne protégée doit-elle être informée ?
Oui. Le Code civil prévoit que la personne protégée reçoit, selon des modalités adaptées à son état, les informations concernant sa situation, les actes envisagés, leur utilité, leurs effets et les conséquences d’un refus.
En curatelle, le curateur doit-il toujours signer ?
Non, pas pour tous les actes. La curatelle est un régime d’assistance. Pour les actes qui exigent cette assistance, le curateur signe à côté de la personne protégée. Il faut donc regarder la nature de l’acte et, le cas échéant, le contenu du jugement.
En tutelle, qui gère les contrats ?
Le tuteur représente en principe la personne dans les actes de la vie civile, sous réserve des actes que la loi ou le juge permet à la personne d’accomplir elle-même. Les règles diffèrent selon qu’il s’agit d’un acte d’administration ou d’un acte nécessitant une autorisation particulière.
L’assurance-vie obéit-elle aux mêmes règles ?
Non. L’assurance-vie fait l’objet de règles spécifiques. En tutelle, la souscription, le rachat ainsi que la désignation ou la modification du bénéficiaire nécessitent en principe l’autorisation du juge des tutelles ou du conseil de famille s’il existe. En curatelle, ces mêmes actes nécessitent l’assistance du curateur.
Jurisprudence : ce que les tribunaux ont précisé sur l’assurance-vie d’un majeur protégé
Plusieurs décisions de la Cour de cassation permettent de mieux comprendre les précautions à prendre lorsqu’un majeur protégé détient ou modifie une assurance-vie.
Curatelle : le changement de bénéficiaire nécessite l’assistance du curateur
Cour de cassation, 2e chambre civile, 8 juin 2017, n° 15-12.544. La Cour de cassation a jugé que la personne placée sous curatelle ne peut modifier seule le bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie : l’assistance du curateur est requise. Cette règle s’applique également lorsque la modification du bénéficiaire est réalisée par testament.
Consulter la décision sur Légifrance
Le curateur ne peut pas modifier seul la clause bénéficiaire
Cour de cassation, 1re chambre civile, 8 juillet 2009, n° 07-18.522. Dans cette affaire, la Cour a confirmé qu’un curateur ne pouvait pas, même avec l’autorisation du juge des tutelles dans le cadre juridique alors applicable, modifier la désignation des bénéficiaires sans l’accord de la personne protégée. Cette décision rappelle l’importance de la volonté du majeur protégé dans une opération qui touche directement à la transmission du capital.
Consulter la décision sur Légifrance
Conflit d’intérêts : le curateur ne peut pas simplement s’assister lui-même
Cour de cassation, 1re chambre civile, 8 juillet 2009, n° 08-16.153. Lorsque le changement de bénéficiaire profite au curateur lui-même, il existe un conflit d’intérêts. La Cour de cassation a précisé que l’opération nécessite alors l’assistance d’un curateur ad hoc.
Consulter la décision de la Cour de cassation
Une signature régulière ne règle pas toujours la question du consentement
Cour de cassation, 1re chambre civile, 15 janvier 2020, n° 18-26.683. Même lorsqu’une modification de clause bénéficiaire a été accomplie avec l’assistance du curateur, une action en nullité pour insanité d’esprit peut rester possible. Le respect formel des règles de la curatelle ne suffit donc pas, à lui seul, à écarter toute contestation portant sur la capacité de la personne à exprimer une volonté valable au moment de l’acte.
Consulter le bulletin de la Cour de cassation
À retenir : pour l’assurance-vie d’un majeur protégé, il ne suffit pas de vérifier qui signe. Il faut également contrôler la mesure de protection, l’assistance ou l’autorisation requise, l’existence éventuelle d’un conflit d’intérêts et la réalité du consentement de la personne protégée.
Que faut-il vérifier dans les assurances d’un majeur protégé ?
Tableau de contrôle des assurances
| Point à contrôler | Question à se poser | Objectif |
|---|---|---|
| Doublons | La même garantie existe-t-elle déjà dans un autre contrat ? | Éviter de payer deux fois une protection similaire. |
| Garanties inutiles | Cette garantie correspond-elle encore à la situation du majeur protégé ? | Éliminer les garanties devenues sans objet. |
| Garanties manquantes | Un risque important reste-t-il insuffisamment couvert ? | Identifier les besoins réellement non couverts. |
| Franchises et plafonds | Que restera-t-il à charge en cas de sinistre ? | Mesurer la protection réelle du contrat. |
| Tarif | Le prix reste-t-il cohérent avec les garanties et les offres comparées ? | Documenter la comparaison tarifaire. |
| Mesure de protection | Qui doit signer ou donner son accord ? | Respecter la mesure de protection applicable. |
| Traçabilité | Peut-on expliquer pourquoi le contrat a été conservé ou modifié ? | Conserver une trace claire des vérifications réalisées. |
La Méthode de Sécurisation Assurantielle Luc Morin
Sur le Portail des Assurés, nous appelons cette vérification la Méthode de Sécurisation Assurantielle Luc Morin : un contrôle documenté des contrats destiné à rendre les choix d’assurance plus lisibles et plus faciles à justifier dans le suivi d’un majeur protégé.
- Les contrats existants : éviter les doublons et les assurances devenues inutiles.
- Les risques importants : logement, responsabilité civile, véhicule, santé et prévoyance selon la situation.
- Les bénéficiaires et coordonnées : vérifier que les informations sont à jour.
- Les exclusions, franchises et plafonds : ne pas se limiter au nom commercial du contrat.
- La mesure de protection : vérifier qui doit signer et si une autorisation particulière est nécessaire.
Que faire lorsqu’un majeur protégé a un sinistre ?
Le Protocole Sinistre Majeur Protégé du Portail des Assurés
Le Protocole Sinistre Majeur Protégé du Portail des Assurés repose sur quatre réflexes : déclarer le sinistre dans les délais prévus au contrat, conserver les justificatifs, identifier la personne habilitée à effectuer les démarches et vérifier les pouvoirs nécessaires avant une transaction ou une action en justice.
« Pour un majeur protégé, une assurance ne doit pas seulement être souscrite : elle doit pouvoir être comprise, vérifiée et justifiée. » — Luc Morin, ancien inspecteur d’assurance
Notre engagement dans l’Économie Sociale et Solidaire
Thérèse Assurance Solidaire s’inscrit pleinement dans le cadre de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). Dès notre lancement, nous appliquons une charte éthique stricte (lucrativité limitée, blocage des bénéfices pour le développement de services inclusifs) et nous visons officiellement l’obtention de l’agrément d’État ESUS avec l’objectif de devenir le 3e cabinet de courtage solidaire de France.
Vous êtes tuteur, curateur, MJPM ou proche d’un majeur protégé ?
Le Certificat d’Optimisation Tarifaire Thérèse Assurance Solidaire
La gestion de plusieurs contrats peut rapidement devenir complexe. Thérèse Assurance Solidaire, avec le Portail des Assurés, propose un contrôle structuré des assurances existantes : doublons, garanties inutiles ou manquantes, franchises, plafonds et comparaison des offres disponibles au moment de l’étude.
Lorsque cet accompagnement est réalisé, le Certificat d’Optimisation Tarifaire Thérèse Assurance Solidaire formalise par écrit les vérifications effectuées. Il constitue une trace du travail de comparaison réalisé ; il ne remplace ni le compte de gestion ni l’appréciation du juge.
« Nous ne vous vendons pas une assurance, nous vous aidons à sécuriser vos choix d’assurance et à documenter les vérifications réalisées. » — Luc Morin
Vous souhaitez faire vérifier les contrats d’un majeur protégé ?
Témoignage : « Je suis sous curatelle renforcée et je n’arrive plus à gérer seule mes dossiers de sinistres »
Témoignage anonymisé.
À la suite d’événements personnels particulièrement difficiles, je me retrouve avec plusieurs dossiers de sinistres que je n’arrive pas à compléter. Je suis en arrêt longue maladie et j’ai demandé à bénéficier d’une mesure de protection. Je suis aujourd’hui sous curatelle renforcée. J’espérais être davantage épaulée pour comprendre et traiter mes dossiers d’assurance, les questionnaires des assureurs ainsi que les contrats liés à mes crédits. Malheureusement, je reste en difficulté face à ces démarches. J’ai demandé au juge un changement de curateur. Existe-t-il des avocats ou des professionnels spécialisés capables d’accompagner une personne sous curatelle dans la gestion de dossiers de sinistres et de litiges avec les assurances ?
Réponse de Luc Morin – Portail des Assurés
Oui, demander à être protégée lorsque l’on n’arrive plus à faire face seule à certaines démarches peut être une démarche pertinente. La mesure doit être adaptée aux besoins de la personne. Être sous curatelle ne signifie pas perdre sa voix ni être privé de toute possibilité d’agir.
Dans cette situation, je conseille de séparer les deux difficultés : d’un côté la relation avec la curatelle et, de l’autre, les dossiers d’assurance.
Pour les assurances, constituez un dossier par sinistre avec le contrat concerné, les déclarations déjà effectuées, les courriers de l’assureur, les expertises, les refus éventuels, les justificatifs et une chronologie simple. Ne cherchez pas à tout traiter dans un seul courrier.
Un avocat intervenant en droit des assurances peut être utile lorsqu’un dossier est bloqué ou qu’un litige existe. Il faut lui signaler dès le premier rendez-vous l’existence de la curatelle afin qu’il puisse déterminer, selon la démarche envisagée et le jugement de protection, comment le curateur doit intervenir.
Concernant une demande de changement de curateur, conservez les éléments permettant d’expliquer les difficultés rencontrées : demandes d’aide, courriers, dossiers non traités et conséquences concrètes. Présentez les faits de façon chronologique.
« Une mesure de protection doit réellement protéger. » — Luc Morin
Pour connaître les règles officielles sur la protection juridique des majeurs, consultez la rubrique officielle de Service-Public.fr sur la protection juridique des majeurs.
Si vos ressources sont limitées, consultez également les conditions de l’aide juridictionnelle.
Témoignage : « Nous pensions la protéger, mais la mesure est devenue une nouvelle source d’inquiétude »
Témoignage entièrement anonymisé et réécrit.
Nous avions demandé une mesure de protection pour une personne âgée de notre famille devenue vulnérable. Notre objectif était de mettre ses intérêts et son patrimoine à l’abri. Avec le temps, nous avons pourtant découvert une situation très différente de celle que nous avions imaginée. Des démarches courantes semblaient ne pas être suivies correctement, les informations sur la gestion de ses ressources étaient difficiles à obtenir et plusieurs décisions concernant son accompagnement quotidien nous paraissaient inadaptées. Comme je suis très présent auprès d’elle, je pouvais constater directement les conséquences de ces difficultés. Le plus difficile a été le sentiment de ne pas être entendu lorsque j’ai essayé de signaler ces dysfonctionnements. Cette expérience nous a appris qu’obtenir une mesure de protection n’est que le début : la personne et ses proches doivent aussi pouvoir comprendre son fonctionnement et connaître les recours possibles en cas de difficulté.
Réponse du Portail des Assurés — Luc Morin
Ce témoignage soulève un point essentiel : une mesure de protection doit protéger la personne, pas rendre sa situation plus opaque.
Lorsqu’un proche constate des difficultés concernant la gestion financière, le règlement de dépenses importantes, les assurances ou l’accompagnement de la personne protégée, il faut sortir du simple échange oral et constituer un dossier factuel.
- Établir une chronologie écrite des difficultés rencontrées.
- Conserver les justificatifs : factures, relevés, courriers, contrats d’assurance et réponses reçues.
- Distinguer les faits vérifiables des désaccords personnels.
- Pour les assurances, contrôler les contrats, cotisations, doublons, garanties inutiles et protections éventuellement manquantes.
- Lorsque les difficultés persistent, se renseigner sur les voies permettant de signaler la situation ou de demander une modification de la mesure ou de la personne chargée de la protection.
« Protéger une personne vulnérable, ce n’est pas seulement administrer son argent. C’est pouvoir expliquer les décisions prises dans son intérêt et conserver la trace de ce qui a été fait. » — Luc Morin, Portail des Assurés
Pour la partie assurance, Thérèse Assurance Solidaire peut examiner les contrats existants, les doublons, les garanties, les tarifs et les besoins réels de la personne protégée.
FAQ : assurance d’un majeur protégé
Un majeur sous tutelle peut-il avoir une assurance habitation ?
Oui. La mesure de protection n’empêche pas d’être assuré. Il faut toutefois vérifier qui est habilité à accomplir les démarches liées au contrat.
Une personne sous curatelle peut-elle contacter elle-même son assureur ?
Oui, en principe. La curatelle est une mesure d’assistance et non une substitution générale. Pour certains actes, l’assistance du curateur peut toutefois être nécessaire.
Qui doit déclarer un sinistre pour une personne protégée ?
La réponse dépend de la mesure et des pouvoirs prévus. L’essentiel est de respecter les délais du contrat, de conserver les justificatifs et de vérifier qui est habilité à effectuer les démarches ou à accepter une transaction.
Peut-on vérifier les assurances d’un majeur protégé ?
Oui. Un contrôle peut rechercher les doublons, garanties inutiles ou manquantes, franchises, plafonds et écarts de tarif. La décision de modifier un contrat doit ensuite respecter la mesure de protection applicable.
Que faire si la famille constate des difficultés de gestion ?
Il est utile de constituer une chronologie factuelle et de conserver les pièces justificatives. Pour les questions relatives à la mesure de protection elle-même, les démarches et recours relèvent du cadre judiciaire de protection des majeurs.
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Sources officielles
- Code des assurances — article L.132-4-1
- Décret n° 2008-1484 du 22 décembre 2008 — actes de gestion du patrimoine
- Code civil — protection de la personne en curatelle et tutelle
Information générale. Les pouvoirs du majeur protégé et de la personne chargée de sa protection dépendent de la mesure prononcée, du type d’acte et, dans certains cas, du jugement. Pour une opération particulière, vérifiez la décision de protection et les règles applicables.
Vous êtes confronté à une situation similaire ?
Assurer un majeur protégé demande de rapprocher ses besoins réels, les garanties proposées, les exclusions, les plafonds et les modalités de gestion du contrat. Si une situation vous paraît difficile à sécuriser, vous pouvez la présenter au Portail des Assurés.
Vous pouvez notamment indiquer : la mesure de protection, les besoins à couvrir, les contrats existants ou proposés, les garanties, plafonds et franchises, les exclusions et la difficulté précise rencontrée.
Premier regard sur votre situation. Le Portail des Assurés ne remplace ni une consultation juridique ni l’analyse complète de votre contrat.