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Victime d’une agression : plainte, CIVI, FGTI et indemnisation

Luc Morin - Le Portail des Assurés

Par Luc Morin, ancien inspecteur d’assurance — Le Portail des Assurés.

Ce que le Portail peut faire pour vous

Après une agression, le Portail peut vous aider à organiser les pièces médicales, la plainte, les justificatifs de préjudices et à identifier les démarches possibles auprès des dispositifs d’indemnisation. Selon le dossier, un avocat en dommage corporel ou un médecin-conseil de victimes peut vous accompagner.

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Réponse directe — Que faire pour être indemnisé après une agression ?

Faites avancer en parallèle la procédure et le dossier d’indemnisation. Faites constater les blessures physiques et psychologiques, déposez plainte, conservez les preuves et documentez toutes les conséquences. Selon le dossier, il faut ensuite examiner la procédure contre l’auteur et les mécanismes d’indemnisation des victimes d’infractions, notamment la CIVI et le FGTI, sans attendre automatiquement que l’auteur soit retrouvé ou solvable.

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Témoignage anonymisé : agressée par plusieurs personnes devant son enfant de 8 ans

Récit anonymisé à partir d’un message reçu. Le détail des faits évoqué dans une pièce jointe n’est pas reproduit ici.

« J’ai été victime d’une agression commise par plusieurs personnes le 24 août 2026, en présence de mon enfant âgé de 8 ans. Nous sommes tous les deux très affectés par ce qui s’est passé. Je souhaite être orientée et comprendre les démarches possibles pour nous protéger, faire reconnaître les conséquences de cette agression et connaître nos droits. »

Réponse de la rédaction : quelles démarches pour la mère et son enfant ?

La première étape est de faire constater rapidement les conséquences physiques et psychologiques de l’agression pour chacun de vous. Même sans blessure visible, un médecin peut décrire les symptômes, les troubles du sommeil, l’anxiété et les répercussions sur la vie quotidienne. Pour votre enfant, un médecin ou un professionnel de santé formé à l’accompagnement des mineurs pourra évaluer ses besoins et proposer un suivi adapté. Conservez les certificats, les rendez-vous, les prescriptions et les dépenses engagées.

Si ce n’est pas déjà fait, vous pouvez déposer plainte en décrivant les faits de manière chronologique, en précisant la présence de votre enfant et en communiquant les éléments disponibles : messages, photographies, témoins, vidéos éventuelles et documents médicaux. Demandez le récépissé et conservez le numéro de procédure. La qualification pénale exacte, notamment la notion d’agression « en réunion », dépendra des faits établis et de l’enquête. Si vous craignez une nouvelle agression, signalez expressément les menaces ou risques aux forces de l’ordre ; en cas de danger immédiat, contactez le 17 ou le 112.

La situation de l’enfant mérite une attention particulière. Sa présence lors des violences et les conséquences qu’il subit doivent être signalées aux professionnels qui l’accompagnent et aux enquêteurs. Selon les circonstances, ses propres préjudices pourront être examinés, sans supposer automatiquement qu’il bénéficie du même statut procédural que l’adulte agressé. Une association d’aide aux victimes, accessible notamment par le 116 006, peut aider à organiser les démarches et orienter vers un accompagnement psychologique et juridique.

Pour l’indemnisation, conservez séparément les justificatifs des conséquences subies par la mère et par l’enfant. Un avocat en dommage corporel pourra examiner la constitution de partie civile, les garanties d’assurance éventuellement mobilisables et, selon les critères légaux, une demande devant la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) ou un autre dispositif. L’accès au FGTI dépend notamment de la nature et de la gravité des atteintes ; il ne doit pas être présenté comme automatique. Une expertise médicale pourra être utile pour apprécier les préjudices persistants. Demander une orientation pour le dossier →

Après une agression : les deux dossiers à construire

Une victime pense souvent d’abord à la plainte. C’est indispensable, mais ce n’est qu’une partie du travail. Il faut distinguer le dossier de procédure, qui concerne les faits et leur traitement judiciaire, et le dossier du dommage, qui établit les conséquences corporelles, psychologiques, professionnelles, financières et personnelles.

1. Faire constater les blessures

Consultez rapidement après l’agression et faites constater les lésions et troubles réellement présents. Les conséquences psychologiques doivent elles aussi être signalées et suivies lorsqu’elles existent. Conservez certificat médical initial, comptes rendus, examens, prescriptions, soins, rééducation, arrêts de travail et justificatifs des dépenses.

Pour distinguer les notions médico-légales, consultez ITT, DFT et arrêt de travail →.

2. Déposer plainte et préserver les preuves

Décrivez aussi précisément que possible la date, le lieu, le déroulement des faits, l’auteur s’il est connu ou sa description, les témoins, les blessures et les premières conséquences constatées.

Préservez photographies, vidéos, captures d’écran, messages, objets endommagés, coordonnées des témoins et pièces de procédure.

3. Partie civile : préparer déjà le préjudice

La constitution de partie civile permet à la victime, selon la procédure applicable, de participer à la procédure pénale et de demander réparation. Il est utile de préparer les justificatifs du dommage bien avant une éventuelle audience : souffrances, séquelles, pertes de revenus, frais, aide nécessaire, retentissement professionnel ou préjudice esthétique selon le dossier.

4. Si l’auteur n’est pas retrouvé, faut-il attendre ?

Non, pas automatiquement. L’absence d’auteur identifié ou sa possible insolvabilité ne signifie pas à elle seule que toute indemnisation est impossible. Lorsque les conditions légales sont réunies, la victime peut notamment examiner une demande devant la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI), avec intervention du FGTI.

5. CIVI et FGTI : à quoi servent-ils ?

La CIVI examine certaines demandes d’indemnisation des victimes d’infractions. Le FGTI intervient dans ce mécanisme selon les règles applicables. L’accès et l’étendue de l’indemnisation dépendent notamment de la nature de l’infraction et de la gravité du dommage.

Il faut éviter de croire que toute agression ouvre automatiquement droit à une réparation intégrale par la CIVI, mais aussi de penser qu’aucune démarche n’est possible tant que l’auteur n’a pas payé.

6. Les délais : pourquoi ne faut-il pas attendre ?

La saisine de la CIVI obéit à des délais légaux spécifiques qui dépendent notamment de la date de l’infraction et de l’existence de poursuites pénales. Des règles particulières et possibilités de relevé de forclusion peuvent s’appliquer selon les circonstances. Contrôlez donc rapidement la date des faits, l’état de la procédure et le délai applicable à votre dossier.

7. Préparer l’expertise médicale

Préparez une chronologie des soins, douleurs, limitations, aides reçues, difficultés professionnelles, troubles psychologiques et changements dans les activités habituelles.

Comprendre le rôle du médecin conseil de victime →

Le Dossier des Conséquences Luc Morin

Définition : documenter les effets du dommage sur cinq dimensions : santé, autonomie, travail, finances et vie personnelle. L’objectif est d’éviter qu’une expertise se limite à une liste de lésions sans restituer leur retentissement réel.

8. Une aggravation plusieurs années après

Une évolution médicale ou une aggravation peut nécessiter de réexaminer le dossier selon sa situation juridique et médicale. Si une nouvelle intervention est envisagée en lien avec les blessures initiales, récupérez anciennes expertises et décisions, documents médicaux initiaux et nouveaux comptes rendus. Faites documenter médicalement le lien avec les blessures de l’agression.

9. Les documents à conserver

  • copie et récépissé de la plainte ;
  • certificat médical initial et dossier médical ;
  • photographies, vidéos, messages et témoignages ;
  • arrêts de travail et justificatifs de revenus ;
  • factures et dépenses liées aux conséquences ;
  • courriers du parquet, des juridictions et organismes d’indemnisation ;
  • anciennes expertises et décisions ;
  • chronologie des soins et difficultés quotidiennes.

Tableau de contrôle

Question À vérifier
Les faits ? Plainte, témoins, images, messages, procédure.
Le dommage ? Soins, séquelles, psychologie, travail, autonomie et frais.
La bonne voie ? Auteur, partie civile, CIVI/FGTI ou autre mécanisme adapté.
Les délais ? Date des faits, poursuites et décisions.

À retenir

Après une agression, ne faites pas se succéder la justice puis l’indemnisation : préparez-les en parallèle. Les preuves peuvent disparaître, les souvenirs s’estomper et les délais continuer de courir.

Jurisprudence : CIVI, preuve de l’infraction et indemnisation après une agression

Ces décisions illustrent trois contrôles essentiels : matérialité de l’infraction, lien entre l’agression et chaque préjudice demandé, et conséquences éventuelles d’une faute de la victime.

1. La CIVI obéit à un régime d’indemnisation propre

Arrêt : Cour de cassation, 2e chambre civile, 17 janvier 2019, n° 18-10.350, publié au Bulletin.

Situation : une victime sollicitait l’indemnisation devant la CIVI après des violences, alors que la procédure pénale avait connu des décisions distinctes.

Principe à retenir : la demande devant la CIVI relève des conditions propres de l’article 706-3 du Code de procédure pénale ; l’analyse doit notamment porter sur les faits présentant le caractère matériel d’une infraction et sur les décisions déjà rendues.

Application après une agression : ne réduisez pas le dossier d’indemnisation à la seule question de la solvabilité de l’auteur : conservez les éléments établissant les faits et suivez séparément la voie CIVI lorsqu’elle est ouverte.

Lire l’arrêt sur Légifrance

2. Chaque préjudice doit conserver un lien certain avec l’infraction

Arrêt : Cour de cassation, 2e chambre civile, 8 juin 2017, n° 15-27.564.

Situation : après une agression, plusieurs conséquences professionnelles étaient réclamées devant la CIVI.

Principe à retenir : l’indemnisation suppose de rattacher les dommages réclamés aux faits présentant le caractère matériel d’une infraction ; un lien seulement hypothétique ne suffit pas.

Application après une agression : pour chaque perte de revenus, reconversion, frais ou conséquence future, documentez le lien avec les blessures et leurs suites médicales.

Lire l’arrêt sur Légifrance

3. Les frais d’assistance médicale à l’expertise peuvent être indemnisables

Arrêt : Cour de cassation, 2e chambre civile, 12 septembre 2013, n° 12-20.750.

Situation : la victime demandait notamment le remboursement de frais engagés pour être assistée par un médecin lors de l’expertise ordonnée dans le cadre de la CIVI.

Principe à retenir : la Cour a admis, dans cette affaire, l’indemnisation de ces frais dès lors qu’ils étaient en lien direct avec l’atteinte à la personne.

Application après une agression : conservez les factures et justificatifs des dépenses liées à la préparation et au déroulement de l’expertise ; leur prise en compte dépend du lien avec le dommage et du dossier.

Lire l’arrêt sur Légifrance

Lecture du Portail des Assurés : appliquez la Méthode des Deux Dossiers : faits et procédure d’un côté, conséquences et justificatifs de l’autre, puis reliez chaque poste demandé à l’infraction et à ses suites.

Sources officielles

Information générale et pédagogique. Les conditions d’indemnisation, délais et voies de recours doivent être vérifiés selon la situation individuelle et l’état de la procédure.

Vous êtes confronté à une situation similaire ?

Pour une victime d’agression, la plainte, la procédure pénale et les mécanismes d’indemnisation comme la CIVI ou le FGTI doivent être examinés à partir des faits et des conditions applicables au dossier. Si vous ne savez pas quelle démarche engager, vous pouvez présenter votre situation au Portail des Assurés.

Vous pouvez notamment indiquer : la date et les circonstances, le dépôt de plainte et les suites connues, les blessures et séquelles, les justificatifs médicaux, les pertes subies et les démarches CIVI ou FGTI déjà entreprises.

Faire analyser ma situation →

Premier regard sur votre situation. Le Portail des Assurés ne remplace ni une consultation médicale ni une consultation juridique.

Cas concret : Agression d’un dentiste en milieu pénitentiaire : quels recours ?

Questions juridiques : CIVI, SARVI et délais

1. Une victime de violences avec moins d’un mois d’ITT peut-elle bénéficier du FGTI ?

  • Article 706-3 CPP : l’indemnisation intégrale par la CIVI dépend notamment de la gravité du dommage ou de certaines qualifications d’infractions expressément prévues.
  • Article 706-14 CPP : un dispositif d’indemnisation sous conditions peut concerner certains dommages corporels qui ne remplissent pas les critères de l’article 706-3.
  • ITT pénale : distincte d’un arrêt de travail et du déficit fonctionnel permanent.
  • Qualification : le dossier pénal et les séquelles médicales peuvent modifier la voie d’indemnisation envisageable.

À vérifier : certificat UMJ, décision pénale et conséquences durables. pour identifier les critères à vérifier.

2. CIVI ou SARVI : quel dispositif après une condamnation à des dommages et intérêts ?

  • CIVI : procédure d’indemnisation des victimes d’infractions sous conditions légales, notamment celles des articles 706-3 et suivants du CPP.
  • SARVI : aide au recouvrement de dommages et intérêts pénaux impayés, soumise à des critères et délais spécifiques.
  • Distinction : la CIVI n’est pas un simple service de recouvrement ; le SARVI ne remplace pas une expertise complète des préjudices.
  • Coordination : déclarer les sommes déjà reçues et vérifier les exclusions ou articulations entre dispositifs.

À vérifier : jugement, date de décision définitive et paiements. Soumettre gratuitement les documents pour clarifier le parcours adapté.

3. Quand expire le délai de saisine de la CIVI si le procès pénal a duré plusieurs années ?

  • Article 706-5 CPP : délai de principe de trois ans à compter de l’infraction.
  • Poursuites pénales : prorogation jusqu’à un an après la décision statuant définitivement sur l’action publique ou sur l’action civile devant la juridiction répressive.
  • Point de départ : vérifier dates de jugement, voies de recours et caractère définitif de la décision.
  • Forclusion : un relevé peut être sollicité dans les cas légalement prévus ; il n’est pas automatique.

À vérifier : actes de procédure et notifications. Faire examiner gratuitement les pièces pour identifier les délais à confirmer.

4. Le FGTI peut-il opposer une faute de la victime pour réduire l’indemnisation ?

  • Article 706-3 CPP : la réparation peut être refusée ou réduite à raison d’une faute de la victime.
  • Analyse factuelle : l’existence et l’incidence d’une faute exigent une appréciation des circonstances, non une simple affirmation.
  • Preuves : témoignages, vidéos, déclarations et décisions pénales sont essentiels.
  • Contradictoire : toute réduction proposée doit être examinée à la lumière des pièces et du cadre procédural.

À vérifier : motifs de la réduction et preuves disponibles. Demander une analyse gratuite du dossier pour préparer les questions à poser à un professionnel du droit.

Informations générales : l’application des textes dépend du statut, des faits, des dates et des pièces du dossier.

Cas concret complémentaire : fracture du nez après une agression : prise en charge d’une nouvelle opération et indemnisation des séquelles. Ce dossier explique comment articuler remboursement des soins, aggravation et recours éventuel.

Cas pratique vidéo : agression avec blessure au bras et greffe nerveuse : plainte, ITT pénale, expertise et indemnisation.

Cas pratique vidéo : fracture du larynx après agression : ITT pénale, auteur inconnu et indemnisation.

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