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Inondation : assurance, catastrophe naturelle, expertise et indemnisation

Portrait de Luc Morin, ancien inspecteur d’assurance

À propos de l’auteur : Luc Morin

Ancien inspecteur d’assurance, Luc Morin partage sur Le Portail des Assurés son expérience de près de quarante ans dans l’assurance, les sinistres et l’expertise de terrain. L’objectif : aider les assurés à comprendre les garanties, les expertises et les recours possibles, sans promettre de résultat.

Découvrir notre histoire et notre équipe — Qui sommes-nous ?

Une inondation a endommagé votre logement, votre commerce ou vos biens ? La prise en charge dépend du contrat, de la cause du sinistre et, pour certains dommages, de la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. Voici les démarches à suivre pour préserver vos preuves et défendre votre indemnisation.

Que faire immédiatement après une inondation ?

  1. Protégez les personnes. Respectez les consignes des autorités, ne pénétrez pas dans une zone inondée dangereuse et ne rétablissez pas l’électricité avant contrôle si l’installation a été touchée.
  2. Limitez les dégâts sans vous mettre en danger. Coupez les arrivées d’eau ou d’énergie lorsque cela peut être fait sans risque, mettez les biens à l’abri et faites intervenir les professionnels nécessaires.
  3. Conservez les preuves. Prenez des photographies datées des niveaux d’eau, pièces, équipements, mobilier et traces d’humidité. Gardez factures, devis, relevés, échanges et attestations.
  4. Déclarez le sinistre à votre assureur. Demandez un accusé de réception et le numéro de dossier. Précisez la date, les circonstances, l’origine supposée de l’eau et les dommages visibles.
  5. Évitez de jeter les biens endommagés avant accord de l’assureur ou documentation suffisante ; si une évacuation sanitaire est indispensable, photographiez et inventoriez les objets.

Une intervention d’urgence ne doit pas être retardée au seul motif que l’expert n’est pas encore passé. Conservez les factures des mesures conservatoires.

Inondation, dégât des eaux et catastrophe naturelle : quelles garanties ?

Une fuite de canalisation, un débordement d’appareil, une infiltration par toiture et une crue de rivière ne relèvent pas nécessairement des mêmes garanties. Le contrat multirisque habitation prévoit généralement des garanties « dégâts des eaux » dont les limites et exclusions doivent être vérifiées. Les eaux de ruissellement, remontées de nappe ou débordements de cours d’eau peuvent relever d’une garantie spécifique ou du régime des catastrophes naturelles selon la situation.

Sans arrêté de catastrophe naturelle, vérifiez les clauses « inondation », « événements climatiques », « dégâts des eaux » et leurs exclusions. Avec arrêté CatNat, le régime légal peut s’appliquer aux dommages matériels directs non assurables ayant eu pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel, sous réserve des conditions légales et de la couverture des biens concernés. La publication d’un arrêté ne garantit pas à elle seule la prise en charge de chaque poste de dommage.

Consultez également nos rubriques habitation et sinistres, dégâts des eaux et arrêtés de catastrophe naturelle.

Arrêté CatNat : vérifier la commune, le phénomène et les dates

À lire aussi : si votre logement a été touché par une crue, consultez les arrêtés CatNat du Pas-de-Calais ou les arrêtés de Seine-Maritime comme exemples de pages départementales ; pour votre propre commune, utilisez l’annuaire national. Les exemples ne présument pas de la reconnaissance de votre sinistre.

La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle intervient par arrêté interministériel publié au Journal officiel, pour des communes, périodes et phénomènes déterminés. Vérifiez que votre commune, la date du sinistre et le type de phénomène figurent bien dans l’arrêté. Les références principales sont les articles L.125-1 et suivants du Code des assurances.

Quel délai pour déclarer ?

Dans le régime CatNat, l’assuré dispose en principe de 30 jours après la publication de l’arrêté pour déclarer le sinistre à l’assureur. En dehors de ce régime, le délai contractuel de déclaration ne peut généralement être inférieur à cinq jours ouvrés à compter de la connaissance du sinistre (article L.113-2 du Code des assurances). Déclarez dès que possible, sans attendre l’arrêté, puis transmettez sa référence après publication. Une déclaration tardive n’entraîne pas automatiquement la perte de garantie : la déchéance éventuelle dépend notamment des conditions légales et de la preuve d’un préjudice subi par l’assureur.

Franchise et paiement

Pour une habitation inondée relevant de la garantie CatNat, la franchise réglementaire est en principe de 380 €. Les biens professionnels et d’autres phénomènes, notamment la sécheresse, obéissent à des règles distinctes : vérifiez la franchise effectivement appliquée sur le décompte. Pour les catastrophes naturelles, le Code des assurances prévoit des délais spécifiques pour la prise de position, les provisions et l’indemnisation, notamment à compter de la remise de l’état estimatif des pertes ou de la publication de l’arrêté selon les cas. Demandez à l’assureur de préciser par écrit le calendrier applicable à votre dossier et la date de réception des pièces.

Retrouver les arrêtés CatNat de votre département : exemples de pages à consulter

Après une inondation, commencez par rechercher la reconnaissance de votre commune et vérifiez le phénomène et les dates figurant dans l’arrêté officiel. Le Portail des Assurés propose des pages de consultation par département. Voici cinq accès directs, présentés comme exemples de recherche : ils ne signifient pas que toutes les communes de ces départements sont reconnues pour votre sinistre.

Vous habitez ailleurs ? Consultez l’annuaire des arrêtés de catastrophe naturelle du Portail des Assurés pour rechercher votre département, puis contrôlez l’arrêté et son annexe sur Légifrance. Un arrêté cité en exemple n’établit jamais, à lui seul, l’indemnisation de votre dossier.

Expertise après inondation : faire chiffrer tous les dommages

L’expert de l’assureur examine notamment l’origine de l’eau, l’étendue des dégâts, les travaux nécessaires, la vétusté, les plafonds de garantie et les exclusions invoquées. Son évaluation n’est pas nécessairement définitive. Présentez un inventaire pièce par pièce, des photographies, les factures disponibles, les devis de remise en état et, si nécessaire, des constats techniques sur l’humidité résiduelle, l’isolation, l’électricité ou la structure.

Les dommages peuvent comprendre, selon les garanties, les revêtements, murs, sols, installations, mobilier, appareils, nettoyage et décontamination. Vérifiez aussi les frais de relogement ou la perte d’usage lorsqu’ils sont couverts. Pour un professionnel, la perte d’exploitation exige généralement une garantie adaptée et des justificatifs comptables.

Si le chiffrage paraît insuffisant, demandez le rapport, les postes écartés et les motifs de refus, puis adressez une contestation argumentée avec devis contradictoires. Une contre-expertise peut être utile ; son coût et son éventuelle prise en charge dépendent du contrat. En cas de désaccord technique persistant, une expertise judiciaire peut être sollicitée dans les conditions procédurales applicables.

Refus ou sous-évaluation : comment contester ?

Pour approfondir : comparez les dommages immobiliers avec les règles générales des dégâts des eaux, sans confondre cette garantie avec les inondations CatNat. Si les postes d’expertise sont contestés, demandez une analyse gratuite du dossier.

  1. Demandez une décision motivée par écrit, indiquant la clause ou le texte invoqué et le calcul détaillé de l’indemnité.
  2. Adressez une réclamation formelle au service réclamations de l’assureur, avec numéro de police, chronologie, pièces et demande chiffrée.
  3. En cas de réponse insatisfaisante ou d’absence de réponse dans les délais du dispositif de réclamation, envisagez la Médiation de l’assurance si le litige est recevable.
  4. Consultez un professionnel du droit ou un expert indépendant si le désaccord porte sur des montants importants, une exclusion contestable ou la responsabilité d’un tiers.

Attention à la prescription : les actions dérivant du contrat d’assurance sont en principe soumises à la prescription biennale de l’article L.114-1 du Code des assurances, avec des règles particulières de point de départ et d’interruption. N’attendez pas la fin d’échanges informels pour faire vérifier vos délais.

Exemple de courrier de contestation

« Objet : contestation de l’indemnisation du sinistre inondation n° [référence]. Je conteste l’évaluation transmise le [date], en particulier les postes [préciser]. Vous trouverez ci-joint photographies, inventaire, devis et justificatifs. Je vous demande le rapport d’expertise, le détail du calcul, les clauses invoquées et un réexamen motivé de ma demande. Je réserve expressément l’ensemble de mes droits. »

Après une inondation : 3 démarches concrètes pour défendre votre indemnisation

Un guide pratique à conserver : où dormir si le logement est inhabitable, comment comprendre le calcul de vétusté et comment répondre à un rapport d’expertise incomplet.

1. Se relogerConserver les justificatifs et contacter l’assureur.
2. Vérifier le calculComparer réparation, vétusté et franchise.
3. ContesterComparer chaque poste avec les devis et preuves.

1. Relogement d’urgence : qui paie si vous ne pouvez plus habiter chez vous ?

Si une catastrophe naturelle reconnue rend votre résidence principale impropre à l’habitation pour des raisons de sécurité, de salubrité ou d’hygiène, les frais de relogement d’urgence peuvent relever de la garantie CatNat. Cette prise en charge concerne l’hébergement, pas automatiquement les repas, déplacements ou autres dépenses annexes.

Les premiers jours : les textes prévoient, pour les contrats auxquels ce dispositif s’applique, une prise en charge pendant les cinq jours consécutifs suivant la déclaration, avec un minimum réglementaire de 80 € par jour et par occupant, dans les conditions prévues par les textes et le contrat. Si le logement reste inhabitable, une prolongation est possible, sous conditions, jusqu’à six mois au maximum et dans la limite du temps nécessaire à la remise en état ; les montants et modalités diffèrent selon que vous êtes propriétaire occupant ou locataire. Attention : les contrats conclus avant l’entrée en vigueur du dispositif peuvent relever de règles antérieures.

À faire : prévenez immédiatement l’assureur, expliquez pourquoi le logement ne peut plus être occupé, demandez par écrit les modalités de relogement et d’avance éventuelle, et conservez les factures d’hôtel ou de location. Ne présumez pas que toutes les dépenses seront remboursées.

Base juridique : article L. 125-1 et articles A. 125-5 et A. 125-5-1 du Code des assurances.

2. Vétusté : exemple chiffré pour comprendre ce que verse l’assureur

Exemple purement pédagogique, non représentatif d’une offre d’assurance : le coût de remise en état de cloisons et de revêtements est évalué à 12 000 €. L’expert retient une vétusté de 20 %, soit 2 400 €. L’évaluation après vétusté est donc de 9 600 €.

Coût des réparations retenu 12 000 €
Vétusté illustrative (20 %) − 2 400 €
Base après vétusté 9 600 €
Franchise CatNat habitation (hypothèse : 380 €) − 380 €
Versement initial théorique, hors autres ajustements 9 220 €

Et la valeur à neuf ? Si le contrat prévoit un rachat de vétusté et que toutes ses conditions sont remplies, une partie des 2 400 € peut être versée en complément, notamment après présentation des factures. Ce complément n’est ni automatique ni nécessairement intégral. Demandez un décompte indiquant le montant immédiat, la franchise, la vétusté et tout paiement différé.

3. Rapport d’expertise : comment contester poste par poste ?

  1. Obtenez le rapport et le détail du chiffrage. Repérez les quantités, prix unitaires, taux de vétusté, franchises et postes non retenus.
  2. Faites votre tableau contradictoire. Pour chaque pièce : dommage constaté, montant proposé par l’expert, devis d’entreprise, écart et justificatif (photo, facture, mesure, diagnostic).
  3. Vérifiez les oublis fréquents. Dépose et évacuation des matériaux souillés, isolation derrière le placoplâtre, séchage, traitement des supports, plinthes, électricité, nettoyage et remise en peinture : chaque poste doit être justifié par les dommages réels et les travaux nécessaires, pas ajouté automatiquement.
  4. Contestez par écrit. Identifiez précisément les postes litigieux, joignez les devis et demandez une réponse motivée ou une nouvelle discussion contradictoire.
  5. En cas de blocage : vérifiez si votre contrat prend en charge les honoraires d’un expert d’assuré, puis utilisez la procédure de réclamation et, si nécessaire, la médiation.

Exemple de formulation : « Je conteste l’absence de chiffrage de l’isolant et de la dépose des cloisons dans la pièce inondée. Vous trouverez les photographies, les mesures et le devis détaillé en pièces jointes. Merci de réexaminer ces postes et de m’indiquer les motifs techniques de votre position. »

Conseil de l’inspecteur : ne discutez pas uniquement le total proposé : demandez comment chaque montant a été calculé. Faire analyser gratuitement votre dossier.

Tableau pratique : quelle indemnisation après une inondation ?

Situation Ce qu’il faut vérifier Pièces utiles
Crue ou ruissellement Arrêté CatNat : commune, dates, phénomène ; ou garantie contractuelle spécifique Arrêté, déclaration, photos, chronologie
Murs, sols et isolation Coût de remise en état, vétusté, limites de garantie, complément valeur à neuf éventuel Devis détaillés, mesures d’humidité, factures
Mobilier et électroménager Valeur d’usage ou rééquipement à neuf selon le contrat, plafonds et exclusions Inventaire, photos, justificatifs d’achat
Travaux réalisés soi-même Base de chiffrage, main-d’œuvre, TVA, modalités de versement selon les travaux réalisés Photos avant/après, factures de matériaux, devis d’artisans
Indemnité jugée insuffisante Rapport d’expertise, vétusté, franchise, postes omis, recours possibles Rapport, devis contradictoires, réclamation écrite

Ce tableau présente des points de contrôle : il ne remplace pas la lecture du contrat et de l’arrêté applicable.

Cas pratique : maison rénovée soi-même puis inondée par une rivière

Témoignage illustratif anonymisé, présenté pour expliquer les difficultés fréquentes d’indemnisation. Il ne constitue pas le compte rendu d’un dossier vérifié.

La question d’un propriétaire sinistré

« La rivière près de chez moi a débordé : l’eau est montée à un mètre dans toute la maison, et tout le quartier est touché. Je venais de rénover entièrement ma maison de mes propres mains. Le placoplâtre est maintenant imbibé et moisi sur un mètre de haut. Je suis démoralisé à l’idée de devoir tout démolir et recommencer seul. Comment serai-je indemnisé alors que j’avais réalisé les travaux moi-même ? »

Réponse de l’inspecteur : vos travaux personnels ne suppriment pas le droit à indemnisation

Voir une rénovation récente détruite par une crue est particulièrement éprouvant. Le fait d’avoir effectué les travaux vous-même ne signifie pas que l’assureur peut automatiquement vous imposer de les refaire seul. Il faut d’abord vérifier la garantie applicable : crue, arrêté de catastrophe naturelle correspondant à la commune, aux dates et au phénomène, ou éventuelle garantie inondation spécifique.

1. Comment évaluer les travaux détruits ?

Pour les dommages immobiliers garantis, l’évaluation peut s’appuyer sur le coût normal de remise en état par une entreprise, comprenant matériaux et main-d’œuvre, sous réserve des stipulations du contrat, de la vétusté, des plafonds et des justificatifs. Les travaux réalisés personnellement peuvent être documentés par les factures de matériaux, photographies avant sinistre et éléments établissant la qualité et l’étendue des rénovations. Un chiffrage « prix entreprise » n’implique pas automatiquement le versement intégral de cette somme en espèces si vous choisissez de réparer vous-même : le mode d’indemnisation, la TVA, la main-d’œuvre, les retenues et le complément valeur à neuf peuvent dépendre du contrat et des dépenses effectivement engagées.

2. Artisan ou réparations personnelles : quel choix ?

Vous pouvez en principe proposer une entreprise et présenter des devis détaillés, ou envisager une remise en état personnelle si elle est techniquement adaptée. Demandez à l’assureur de confirmer par écrit le montant versé dans chacun de ces scénarios, le traitement de la TVA, les justificatifs exigés, la vétusté retenue et les conditions de versement d’un éventuel complément après travaux. Ne présumez pas que toute la main-d’œuvre estimée restera acquise si vous n’engagez pas cette dépense.

3. Placoplâtre, isolation et humidité : ne pas chiffrer à l’aveugle

Un placoplâtre gorgé d’eau ou moisi peut nécessiter une dépose étendue, le contrôle de l’isolant et de l’ossature, l’assèchement et parfois des mesures de décontamination. La hauteur exacte de dépose ne peut pas être fixée automatiquement à partir du seul niveau d’eau d’un mètre. Elle dépend des matériaux, des remontées capillaires, de la contamination et des constatations techniques. Faites documenter les mesures d’humidité et demander un devis détaillant dépose, évacuation, séchage, isolation, plaques, joints et finitions avant de valider le chiffrage.

4. Les pièces à réunir et les questions à poser

Conservez les factures d’achat des plaques, rails et isolants, les photographies des rénovations avant la crue, les photographies des dommages, les devis de dépose et de remise en état, ainsi que les échanges avec l’assureur. Deux questions aideront particulièrement à préparer l’expertise : avez-vous gardé les factures des matériaux de vos travaux ? et des entreprises ont-elles déjà établi des devis de nettoyage, d’assèchement ou de reconstruction ?

Si le montant proposé est insuffisant ou si le chiffrage exclut sans justification la main-d’œuvre nécessaire, demandez un détail écrit et envisagez l’assistance d’un expert d’assuré, en vérifiant ses honoraires et leur éventuelle couverture.

Questions fréquentes sur l’indemnisation des inondations

Faut-il attendre l’arrêté CatNat pour déclarer ?

Non. Signalez immédiatement les dommages à l’assureur et complétez votre déclaration lorsque l’arrêté est publié.

Une cave inondée est-elle indemnisée ?

Cela dépend du contrat, de la qualification du sinistre, des biens assurés, des exclusions et des éventuels plafonds applicables aux caves et dépendances.

Peut-on contester l’expert de l’assurance ?

Oui. Vous pouvez demander des explications, produire des devis et pièces contradictoires et envisager une contre-expertise ou une expertise judiciaire selon le litige.

Qui paie les travaux urgents ?

Les mesures conservatoires nécessaires peuvent relever des garanties selon les circonstances et le contrat. Prévenez l’assureur, documentez l’urgence et gardez les factures.

Et si l’inondation est causée par un voisin ou un ouvrage ?

La responsabilité d’un tiers peut être recherchée selon la cause et les preuves, indépendamment de la mobilisation éventuelle de votre assurance. Évitez de conclure à une responsabilité sans constat technique.

L’essentiel à retenir après une inondation

  1. Déclarez rapidement le sinistre à votre assureur, même avant un éventuel arrêté CatNat.
  2. Signalez les dommages à la mairie et vérifiez que l’arrêté publié couvre la commune, les dates et le phénomène.
  3. Photographiez, inventoriez et conservez les preuves, devis, factures et justificatifs de travaux antérieurs.
  4. Vérifiez le chiffrage : matériaux, main-d’œuvre, assèchement, vétusté, franchise et éventuel complément valeur à neuf.
  5. Ne validez pas une indemnité incomprise : demandez le détail du rapport et faites-vous assister si l’enjeu le justifie.

Conclusion de l’inspecteur : une indemnisation se prépare dès les premières heures

Après une inondation, la priorité est la sécurité des occupants et la sauvegarde des preuves. Ensuite, la qualité du dossier fait souvent la différence : identifier la garantie applicable, vérifier l’arrêté de catastrophe naturelle, faire constater l’étendue réelle des dommages et comparer le chiffrage de l’expert aux travaux nécessaires.

Le propriétaire qui a rénové lui-même son logement ne doit pas voir ses travaux ignorés au seul motif qu’il n’avait pas fait appel à une entreprise. Mais le montant et les modalités de versement doivent être appréciés au regard du contrat, des justificatifs et de la remise en état effective. En cas de désaccord sérieux, une contestation écrite étayée et, si nécessaire, un expert d’assuré peuvent aider à défendre le dossier.

Le conseil de l’inspecteur : faites préciser noir sur blanc ce qui est indemnisé immédiatement, ce qui est soumis à justificatifs après travaux, et ce qui reste à votre charge. Faire analyser votre dossier.

Faire examiner un dossier d’inondation

Conservez votre contrat, l’arrêté éventuel, les déclarations, les photographies, l’inventaire, les devis et les réponses de l’assureur. Ces éléments permettent d’apprécier les garanties mobilisables, le montant de l’indemnisation et les recours adaptés. Demander une analyse de votre dossier.

Information générale sur le droit français de l’assurance, à apprécier selon la date du sinistre, le contrat et les textes en vigueur. Aucun résultat d’indemnisation n’est garanti.

Sources officielles et liens utiles

Pour vérifier les règles applicables et retrouver les arrêtés authentiques, privilégiez les sources publiques suivantes :

À consulter sur notre site : arrêtés de catastrophe naturelle, dégâts des eaux et qui sommes-nous ?.

Les textes et leurs versions peuvent évoluer. Vérifiez la version applicable à la date de votre sinistre. Les liens généraux vers les codes et services officiels permettent de retrouver la version en vigueur.

Questions complexes et cas particuliers : inondation et CatNat

Quatre situations où la lecture de l’arrêté, du rapport d’expertise et des conditions particulières du contrat change concrètement l’analyse.

1. Quelle franchise CatNat s’applique à une habitation inondée en 2026 ?

  • Pour une habitation inondée : la franchise CatNat réglementaire est en principe de 380 €. Le montant diffère selon la catégorie de biens ou le phénomène (notamment pour la sécheresse) ; il faut donc vérifier la nature du sinistre et le régime applicable.
  • Point de contrôle : distinguer les dommages aux biens à usage d’habitation, les biens professionnels et les pertes d’exploitation ; ne pas transposer automatiquement la franchise d’un dossier à l’autre.
  • Calcul : demander à l’assureur le détail écrit « dommages retenus – vétusté éventuelle – plafonds – franchise – indemnité immédiate – indemnité différée ».
  • À vérifier : Code des assurances et textes réglementaires en vigueur à la date du sinistre. Faire examiner gratuitement la franchise appliquée à votre dossier.

2. L’expert de l’assureur refuse la dépose de l’isolant derrière un placoplâtre immergé : comment contester techniquement ?

  • Ne pas raisonner uniquement en hauteur d’eau : rechercher humidité résiduelle, capillarité, contamination, état des isolants et risques liés aux réseaux électriques.
  • Exiger un chiffrage poste par poste : sondages et mesures d’humidité, dépose, évacuation, assèchement, contrôle avant fermeture, réfection des cloisons, isolation et finitions.
  • Constituer la preuve : photographies datées, relevés d’humidité, devis détaillés, factures des rénovations précédentes et réserves écrites sur le rapport.
  • Recours : demander la motivation des exclusions de postes, une réévaluation contradictoire et, si l’enjeu le justifie, l’avis d’un expert d’assuré indépendant ; vérifier au préalable ses honoraires. Soumettre gratuitement le chiffrage contesté.

3. Le délai de déclaration de 30 jours après l’arrêté CatNat et la prescription de deux ans sont-ils la même chose ?

  • Non : le délai de déclaration du sinistre dans le régime CatNat, courant à partir de la publication de l’arrêté selon les règles applicables, est distinct de la prescription biennale des actions dérivant du contrat d’assurance prévue à l’article L. 114-1 du Code des assurances.
  • Point sensible : le point de départ de la prescription et les causes d’interruption ou de suspension exigent une analyse chronologique ; une simple relance informelle ne doit pas être présumée interruptive.
  • Preuves : conserver la date de publication de l’arrêté, la déclaration, les accusés de réception, les lettres recommandées, les échanges relatifs à l’indemnité et les actes d’expertise.
  • Sources : articles L. 114-1 et L. 114-2 du Code des assurances. Faire vérifier gratuitement la chronologie de votre dossier ; en cas d’échéance imminente, consulter rapidement un avocat.

4. L’arrêté CatNat vise « inondations et coulées de boue », mais la commune ou les dates ne correspondent pas exactement : l’assureur peut-il refuser ?

  • Triple concordance : vérifier l’annexe de l’arrêté pour la commune, la période reconnue et la nature du phénomène. Le titre général de l’arrêté ne suffit pas.
  • Décalage de dates : distinguer date de l’événement, date d’entrée de l’eau, dommages différés et période administrative reconnue ; réunir constats, photographies, témoignages et données météorologiques disponibles.
  • Si la reconnaissance ne couvre pas le cas : demander la justification écrite du refus, interroger la mairie sur la demande de reconnaissance et examiner les éventuelles garanties contractuelles alternatives ; aucune extension automatique de l’arrêté ne peut être présumée.
  • Source primaire : Journal officiel et annexes sur Légifrance. Faire analyser gratuitement la concordance arrêté–sinistre–contrat.

Informations générales, non constitutives d’un avis juridique individualisé. Les règles et montants doivent être vérifiés dans leur version applicable au sinistre.

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