L’expert de votre assurance estime vos dégâts à 4 200 €, alors que les entreprises annoncent 9 800 € de travaux ? Vous pouvez contester le chiffrage, demander des explications précises, produire des devis contradictoires et, si nécessaire, faire intervenir un expert d’assuré. Mais un devis plus élevé ne prouve pas à lui seul une sous-évaluation : il faut comparer les travaux réellement nécessaires, les garanties et les déductions prévues au contrat.
Ancien inspecteur et expert d’assurances, ancien coordinateur catastrophes naturelles APSAD. Une approche concrète de l’expertise, du chiffrage et des droits de l’assuré.
Le cas de Marc : 4 200 € proposés, 9 800 € de réparations estimées
Après un dégât des eaux, Marc découvre des traces d’humidité, un parquet gondolé et des éléments de cuisine détériorés. L’expert missionné par l’assureur chiffre le sinistre à 4 200 €. Deux entreprises proposent des travaux autour de 9 800 €. Marc ne doit ni considérer automatiquement l’expert comme infaillible, ni supposer que tous les postes des artisans sont nécessairement couverts : il doit comparer les bases de calcul.
Vidéo Pierre Arthur : l’expert sous-estime vos dégâts, comment réagir ?
Script intégral disponible ci-dessous.
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Bonjour, je suis Pierre Arthur, du Portail des Assurés.
Votre maison a subi un dégât des eaux.
Un artisan chiffre les travaux à neuf mille huit cents euros.
L’expert de votre assurance en retient seulement quatre mille deux cents.
Qui a raison ?
Et surtout, comment contester sans perdre vos droits ?
Première chose : l’expert mandaté par l’assureur n’est pas votre avocat.
Il doit travailler avec compétence et impartialité dans sa mission.
Mais il est désigné et rémunéré par la compagnie.
Vous avez donc tout intérêt à contrôler son chiffrage.
Prenons le cas fictif de Marc.
Après une fuite, ses murs, son parquet et des éléments de cuisine sont abîmés.
L’expert propose quatre mille deux cents euros.
Deux entreprises chiffrent les réparations nécessaires autour de neuf mille huit cents euros.
La différence est considérable.
Mais un devis plus élevé ne prouve pas automatiquement que l’expert a tort.
Il faut comparer poste par poste.
Première étape : demandez le rapport d’expertise et le décompte détaillé.
La communication du rapport peut dépendre du cadre de l’expertise et du contrat.
Si l’assureur refuse de le communiquer, demandez au minimum les conclusions techniques et les bases précises de son règlement.
Deuxième étape : examinez les surfaces.
Le plafond a-t-il été oublié ?
Les mètres carrés de peinture sont-ils corrects ?
Les plinthes et les revêtements sont-ils comptés ?
Troisième étape : examinez les travaux.
Un simple nettoyage suffit-il ?
Faut-il déposer le parquet ?
Faut-il assécher les supports ?
Les travaux de protection et d’évacuation sont-ils prévus ?
Quatrième étape : vérifiez les prix.
Les coûts de main-d’œuvre sont-ils réalistes ?
Les devis correspondent-ils aux mêmes prestations ?
Les taxes et frais annexes sont-ils correctement traités ?
Cinquième étape : vérifiez la vétusté et les franchises.
Une déduction peut être prévue par le contrat.
Mais elle doit être expliquée et appliquée au bon poste.
Sixième étape : contestez par écrit.
Pas seulement en disant que c’est insuffisant.
Envoyez un tableau des postes oubliés, les photos et les devis comparables.
Demandez une réponse motivée sur chaque désaccord.
Septième étape : pouvez-vous demander une contre-expertise ?
Oui, vous pouvez solliciter l’intervention d’un expert d’assuré indépendant.
Ses honoraires sont souvent à votre charge, sauf prise en charge contractuelle ou autre situation particulière.
Vérifiez le coût de la démarche au regard de la somme contestée.
Huitième étape : et si les deux experts ne sont pas d’accord ?
Certains contrats prévoient une expertise amiable contradictoire ou une tierce expertise.
Il faut lire la clause avant de vous engager.
Neuvième étape : pouvez-vous encaisser une somme sans renoncer à la suite ?
Il faut examiner les documents.
Un acompte ou une provision n’a pas nécessairement la même portée qu’une transaction définitive.
Ne signez pas un accord transactionnel sans comprendre ses conséquences.
Dixième étape : que faire si l’assureur refuse toujours ?
Adressez une réclamation écrite au service compétent.
Puis examinez la médiation de l’assurance et, si nécessaire, les voies judiciaires.
Attention aux délais de prescription et aux actes qui les interrompent.
Pour Marc, la bonne méthode consiste à comparer les quatre mille deux cents euros proposés aux neuf mille huit cents euros demandés, poste par poste.
Il peut ainsi identifier les travaux réellement omis et les divergences techniques.
Une expertise n’est pas une vérité incontestable.
Mais une contestation efficace exige des preuves.
Retenez l’essentiel.
Demandez un chiffrage détaillé.
Produisez des devis comparables.
Contestez chaque poste de manière précise.
Et ne signez pas trop vite une transaction définitive.
Si vous avez besoin d’un examen indépendant de votre dossier, consultez la présentation d’Offensive Expertise sur Le Portail des Assurés.
Vérifiez que la prestation correspond à votre sinistre et demandez les conditions et les tarifs.
Enfin, vous pouvez vous rapprocher du Portail des Assurés pour être orienté vers le Groupement des victimes des assureurs, l’assurance solidaire à votre service.
Je suis Pierre Arthur.
Défendez-vous !
1. L’expert de l’assurance peut-il se tromper ?
Oui. Une estimation peut omettre des surfaces, retenir des techniques insuffisantes, sous-évaluer des coûts ou mal qualifier des dommages. À l’inverse, certains devis comprennent des améliorations non nécessaires à la remise en état ou des prestations non garanties. L’expert désigné par la compagnie n’est pas le représentant personnel de l’assuré. Son analyse peut être discutée et contredite.
2. Les huit points à vérifier dans le chiffrage
| Point à contrôler | Erreur ou désaccord possible | Preuve utile |
|---|---|---|
| Surfaces | Pièces, murs, plafonds ou mètres carrés oubliés | Plan coté, photos, relevé de mesures |
| Nature des travaux | Simple peinture alors que dépose ou assèchement nécessaire | Devis technique détaillé, diagnostic |
| Matériaux | Parquet, isolation ou cuisine sous-évalués | Factures, références, photos, devis |
| Prix unitaires | Main-d’œuvre ou fournitures insuffisamment chiffrées | Deux devis comparables |
| Frais annexes | Protection, évacuation, dépose ou nettoyage oubliés | Devis poste par poste |
| Vétusté | Taux ou application contestable | Conditions contractuelles, âge des biens |
| Franchise et plafond | Déductions mal comprises ou discutables | Conditions particulières et générales |
| Travaux différés | Séchage, contrôle d’humidité ou réparations ultérieures absents | Constat technique et suivi |
3. Comment obtenir le rapport d’expertise ?
Demandez par écrit la copie du rapport, les conclusions techniques et le décompte poste par poste. La communication intégrale du rapport n’est pas automatiquement acquise dans toutes les configurations : elle dépend du cadre de l’expertise et des droits applicables. Si votre demande est refusée, réclamez au moins les motifs techniques du règlement, les surfaces, les prix unitaires, la vétusté et les exclusions invoquées. Une proposition globale non expliquée est difficile à vérifier.
4. Comment contester efficacement une indemnisation trop faible ?
- Conservez photographies, déclarations, devis et correspondances.
- Identifiez les postes manquants ou sous-évalués, sans mélanger travaux de remise en état et améliorations.
- Demandez des devis suffisamment détaillés pour permettre une comparaison.
- Rédigez un tableau comparatif entre l’estimation de l’assureur et les devis.
- Adressez une contestation écrite à l’assureur, avec pièces jointes et demande de réponse motivée.
- Étudiez l’intérêt d’une expertise amiable contradictoire ou d’un expert d’assuré indépendant.
- Si le désaccord persiste, utilisez le service réclamations puis la médiation ou les voies judiciaires adaptées.
5. Contre-expertise : combien coûte un expert d’assuré ?
Vous pouvez mandater un expert indépendant pour défendre techniquement votre évaluation. Ses honoraires sont généralement à votre charge, sauf garantie « honoraires d’expert » ou autre prise en charge applicable. Demandez un devis écrit, vérifiez l’étendue de la mission et comparez le coût au montant réellement contesté. Une expertise sur pièces peut être pertinente dans certains dossiers ; d’autres nécessitent une visite sur place. Aucune contre-expertise ne garantit automatiquement une augmentation de l’indemnité.
6. Et si les experts ne sont pas d’accord ?
Selon les stipulations du contrat, une procédure d’expertise amiable contradictoire ou de tierce expertise peut être prévue. Les modalités de désignation, les frais et la portée des conclusions doivent être examinés avant tout engagement. Une discussion technique documentée peut aussi permettre un accord sans procédure formelle.
7. Peut-on accepter une somme sans renoncer à contester ?
Il faut distinguer provision, acompte, quittance et transaction définitive. Un paiement partiel ne signifie pas nécessairement que tous les droits sont éteints. En revanche, une transaction rédigée comme un règlement définitif peut limiter les contestations ultérieures. Consultez notre guide : faut-il accepter l’indemnité ou signer une quittance ?.
8. Réclamation, médiation et justice : dans quel ordre ?
Commencez par adresser une réclamation écrite au service compétent de l’assureur. Si le différend persiste, la Médiation de l’Assurance peut être saisie selon ses conditions de recevabilité, après réclamation préalable. Une procédure judiciaire peut être envisagée selon les enjeux et les preuves. Attention à la prescription biennale en assurance et à ses exceptions : une simple discussion ne l’interrompt pas nécessairement. Vérifiez les articles L.114-1 et L.114-2 du Code des assurances.
9. Modèle de lettre pour contester le rapport de l’expert
Objet : contestation motivée de l’évaluation des dommages – sinistre n° [référence]
Madame, Monsieur,
À la suite du sinistre du [date], vous me proposez une indemnisation de [montant] €, sur la base de l’évaluation de l’expert mandaté par votre compagnie.
Après examen des travaux nécessaires et des devis joints, je relève plusieurs divergences : [surfaces non retenues], [travaux omis], [prix unitaires], [vétusté ou franchises contestées].
Je vous remercie de me communiquer le rapport d’expertise, dans la mesure où il peut être transmis, et à défaut ses conclusions techniques ainsi que le décompte détaillé ayant fondé votre proposition. Je sollicite un réexamen contradictoire des postes contestés et une réponse écrite motivée.
Je vous demande également de préciser les modalités contractuelles d’une éventuelle expertise contradictoire et les possibilités de prise en charge des honoraires d’un expert d’assuré.
Cette démarche ne vaut pas acceptation d’un règlement définitif ni renonciation à mes droits.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.
10. FAQ : expert d’assurance et indemnisation sous-évaluée
L’expert de l’assurance a-t-il toujours raison ?
Non. Son estimation peut être contestée par des arguments techniques, des photos et des devis détaillés.
Puis-je choisir mon propre expert ?
Oui, sous réserve des modalités du contrat pour les procédures contradictoires. Vérifiez les honoraires et les garanties de prise en charge.
L’assureur doit-il me donner le rapport d’expertise ?
Demandez-le par écrit ; sa communication intégrale n’est pas automatiquement garantie dans toutes les situations. Demandez au minimum les bases détaillées du règlement.
Deux devis suffisent-ils pour obtenir une indemnité plus élevée ?
Non automatiquement. Ils doivent porter sur les travaux nécessaires et couverts, avec des postes comparables.
Puis-je refuser une indemnité insuffisante ?
Vous pouvez contester son montant ; examinez soigneusement tout document qui pourrait clore définitivement le dossier.
Qui paie la contre-expertise ?
Souvent l’assuré, sauf garantie ou autre prise en charge applicable.
Combien de temps ai-je pour contester ?
La prescription des actions dérivant du contrat d’assurance est en principe de deux ans, avec exceptions et règles d’interruption. Faites vérifier votre situation.
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Une expertise indépendante ne garantit pas une indemnisation supplémentaire.
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GVA est un cabinet de courtage distinct du Portail des Assurés, média d’information. Les modalités et frais éventuels doivent être vérifiés avant tout engagement.
Sources
- Service-Public : assurance dégâts des eaux.
- La Médiation de l’Assurance : recours après réclamation.
- Code des assurances : article L.114-1, prescription.
- Code des assurances : article L.114-2, interruption de prescription.
Cas pratique fictif. Le choix des recours dépend du contrat, du type de sinistre et des pièces du dossier.