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Fissures de sécheresse : l’arbre et les fondations expliquent-ils vraiment le dossier de Marc ?

Le Portail des Assurés
Luc Morin - Le Portail des Assurés

Par Luc Morin, ancien inspecteur d’assurance — Le Portail des Assurés.

Réponse directe

Un refus Cat Nat fondé sur un arbre, les fondations ou une visite rapide mérite d’être vérifié techniquement. Demandez les éléments précis qui justifient la cause retenue, documentez l’évolution des fissures et contestez par écrit les conclusions qui vous paraissent insuffisamment étayées. Selon l’enjeu et le contrat, une contre-expertise ou une analyse technique indépendante peut être utile.

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Le cas de Marc : des fissures après les vagues de chaleur

Pour replacer ce cas dans le cadre général : découvrez comment démontrer le lien entre sécheresse, fissures et indemnisation d’assurance, puis confrontez les arguments techniques de l’expert aux pièces du dossier.

Marc possède une maison dans le Doubs (25). Après des épisodes de forte chaleur, il constate sur sa façade des fissures en escalier. Sa commune fait l’objet d’un arrêté de catastrophe naturelle correspondant au phénomène concerné.

Marc déclare son sinistre et l’assureur mandate un expert. Lors de sa visite, l’expert considère que la catastrophe naturelle ne serait pas la cause déterminante des désordres et évoque notamment les fondations de la maison et la présence d’un arbre proche de la façade.

Le point essentiel n’est pas de nier par principe ces hypothèses. Un arbre, le bâti ou les fondations peuvent effectivement faire partie des facteurs étudiés. La question est : quels éléments techniques permettent, dans le dossier de Marc, d’attribuer réellement les fissures à ces causes plutôt qu’au phénomène de sécheresse ou à une combinaison de facteurs ?

Le Test « Cause invoquée → Preuve technique » du Portail des Assurés

Définition : lorsqu’une cause concurrente est avancée — végétation, fondations, défaut préexistant — demander quels constats, mesures, études, documents ou éléments chronologiques permettent de relier concrètement cette cause aux désordres observés.

Une visite rapide suffit-elle pour déterminer l’origine des fissures ?

Non, la durée d’une visite ne permet pas à elle seule de juger la qualité d’une expertise. Ce qui compte est le raisonnement technique qui soutient la conclusion : observations réalisées, historique du bâtiment, évolution des fissures, caractéristiques du sol et du bâti, documents examinés et, lorsque cela est nécessaire, investigations complémentaires.

Une affirmation orale du type « c’est l’arbre » ou « ce sont les fondations » doit donc pouvoir être comprise et confrontée aux éléments du dossier.

Que demander lorsque l’expert invoque l’arbre ?

La présence d’un arbre près d’une construction peut être prise en compte dans une analyse de fissuration, mais sa seule présence ne démontre pas automatiquement son rôle déterminant. Il faut notamment comprendre la localisation de l’arbre par rapport aux désordres, les caractéristiques du sol, la chronologie des fissures et les éléments techniques utilisés pour retenir cette hypothèse.

Et si l’expert invoque des fondations insuffisantes ?

La même logique s’applique. Il faut rechercher ce que l’on sait réellement des fondations, de l’état antérieur du bâtiment et de son comportement avant la période litigieuse. Si la maison ne présentait pas les mêmes désordres auparavant, cette chronologie fait partie des éléments à examiner ; elle ne suffit toutefois pas, à elle seule, à établir la cause technique.

Le Réflexe « Avant → Apparition → Évolution » Luc Morin

Définition : pour chaque fissure importante, reconstituer trois états : l’état connu avant l’épisode, le moment où le désordre a été observé, puis son évolution. Photos anciennes, images datées, témoignages, rapports et travaux antérieurs peuvent contribuer à cette chronologie.

Comment Marc peut-il réagir à une conclusion qu’il conteste ?

  1. Demander par écrit les conclusions et leurs fondements techniques, ainsi que les éléments communicables du dossier d’expertise.
  2. Répondre par écrit sur les points contestés, sans se limiter à une opposition générale.
  3. Conserver et classer les preuves de l’apparition et de l’évolution des fissures.
  4. Faire établir, si nécessaire, un avis technique adapté à la question de causalité.
  5. Vérifier le contrat pour identifier les garanties d’assistance, de protection juridique ou les éventuelles dispositions relatives aux honoraires d’expert d’assuré.

Faut-il automatiquement commander une étude géotechnique ?

Pas nécessairement. L’étude à réaliser dépend de la question technique à résoudre, des investigations déjà disponibles et de l’importance du dossier. Lorsqu’une analyse du sol et de son interaction avec le bâtiment est nécessaire, une étude géotechnique adaptée peut devenir une pièce importante. Elle doit être choisie en fonction de l’objectif recherché, et non commandée mécaniquement.

Tableau de contrôle du dossier de Marc

Argument avancé Question à poser Pièces utiles
« C’est l’arbre » Quels éléments démontrent son rôle dans les fissures observées ? Implantation, photos, analyse technique, données sur le sol.
« Ce sont les fondations » Que sait-on de leur nature et de l’état antérieur du bâtiment ? Plans, travaux, rapports antérieurs, historique du bâti.
« Les fissures sont mineures » Sont-elles évolutives et quelles parties du bâtiment affectent-elles ? Photos datées, mesures, suivi, avis technique.

À retenir

Dans le dossier de Marc, la bonne démarche n’est pas de remplacer l’affirmation de l’expert par une autre affirmation. Il faut transformer chaque cause avancée en question vérifiable : qu’est-ce qui la démontre, est-elle compatible avec la chronologie, et quelles autres causes ont été examinées ?

Dictionnaire des méthodes

Méthode Définition courte
Test Cause invoquée → Preuve technique Demander les éléments concrets reliant la cause avancée au dommage.
Réflexe Avant → Apparition → Évolution Reconstruire la chronologie de chaque désordre important.

La méthode en une phrase

Pour Le Portail des Assurés : fissure → chronologie → cause invoquée → preuve technique → contradiction → expertise → décision.

Jurisprudence : sécheresse, fondations et causes concurrentes

Cette mini-base illustre précisément le problème posé dans le dossier de Marc : la présence d’un défaut constructif, de fondations discutables ou d’un autre facteur n’écarte pas automatiquement la garantie, mais la sécheresse doit conserver un rôle causal juridiquement suffisant.

1. Un défaut des fondations n’exclut pas automatiquement la Cat Nat

Arrêt : Cour de cassation, 2e chambre civile, 29 mars 2018, n° 17-15.017.

Situation : le bâtiment présentait un vice de conception de ses fondations, tandis qu’une aggravation importante des fissures était intervenue après une sécheresse exceptionnelle reconnue catastrophe naturelle.

Principe à retenir : l’agent naturel n’a pas à être la cause exclusive ; l’analyse porte sur son caractère direct et déterminant dans les dommages dont l’indemnisation est demandée.

Application au dossier de Marc : répondre « les fondations » ne suffit donc pas. Il faut expliquer techniquement leur rôle et le comparer à celui de la sécheresse dans l’apparition ou l’aggravation des fissures.

Lire l’arrêt sur Légifrance

2. Une sécheresse seulement révélatrice ou aggravante peut ne pas suffire

Arrêt : Cour de cassation, 2e chambre civile, 4 octobre 2018, n° 17-25.657.

Situation : les désordres étaient liés à des tassements différentiels et à des travaux de reprise en sous-œuvre insuffisants ; la sécheresse était discutée comme facteur révélateur ou aggravant.

Principe à retenir : la seule intervention de la sécheresse dans l’histoire du dommage ne règle pas la question ; son rôle déterminant doit être établi au regard des autres causes techniques.

Application au dossier de Marc : l’expertise doit hiérarchiser les hypothèses — sol, fondations, végétation, état antérieur, sécheresse — au lieu de simplement les énumérer.

Lire l’arrêt sur Légifrance

3. Des fissures révélées plus tard peuvent encore conduire à rechercher le lien avec une période reconnue

Arrêt : Cour de cassation, 2e chambre civile, 16 janvier 2014, n° 13-11.356, publié au Bulletin.

Situation : des désordres étaient devenus visibles plusieurs années après des épisodes de sécheresse reconnus par arrêtés de catastrophe naturelle.

Principe à retenir : la date d’apparition visible du dommage ne suffit pas à exclure le lien causal ; celui-ci doit être recherché à partir des éléments techniques du dossier.

Application au dossier de Marc : les photos anciennes, l’évolution des fissures et l’historique du bâtiment servent à reconstruire la chronologie technique, pas seulement la date de la déclaration.

Lire l’arrêt sur Légifrance

Lecture du Portail des Assurés : appliquez le Test Cause invoquée → Preuve technique à chaque hypothèse : fondations → arbre → sol → état antérieur → sécheresse. La question n’est pas seulement « quelle cause existe ? », mais quelle cause explique concrètement les désordres et avec quel degré de preuve ?

Sources et ressources

Cette page fournit une information générale. L’origine de fissures et leur lien avec un phénomène de sécheresse nécessitent, selon les circonstances, une analyse technique adaptée au bâtiment et au dossier.

Vous êtes confronté à une situation similaire ?

Dans un dossier de fissures, attribuer les désordres à un arbre, aux fondations ou à la sécheresse exige de comparer les constatations techniques et la chronologie plutôt que de retenir une explication unique trop vite. Si vous ne savez pas quelle démarche engager, vous pouvez présenter votre situation au Portail des Assurés.

Vous pouvez notamment indiquer : les dates d’apparition des fissures, leur évolution, les photos, l’arrêté Cat Nat éventuel, les rapports d’expertise ou études de sol, les arbres proches et les travaux antérieurs.

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Premier regard sur votre situation. Le Portail des Assurés ne remplace ni une consultation juridique ni l’analyse complète de votre contrat.

Questions complexes & Cas particuliers

1. Une fissure en escalier prouve-t-elle à elle seule un retrait-gonflement des argiles ?

  • La forme d’une fissure constitue un indice, non un diagnostic causal suffisant.
  • Confronter les désordres à la géologie, à la profondeur des fondations, à la chronologie des épisodes secs et aux mouvements différentiels observés.
  • Une étude géotechnique et un relevé évolutif des fissures peuvent éclairer la discussion contradictoire.

2. L’existence d’un arbre proche suffit-elle à exclure la garantie Cat Nat sécheresse ?

  • Les racines et la végétation peuvent contribuer aux variations hydriques du sol, mais leur présence ne démontre pas à elle seule la cause exclusive des dommages.
  • Demander les mesures, observations et hypothèses techniques sur lesquelles repose l’expertise.
  • Vérifier les critères de causalité du régime légal applicables à la période du sinistre et à l’arrêté reconnu.

Pour examiner les rapports, les clauses et les justificatifs de votre situation, vous pouvez demander une analyse gratuite de votre dossier.

3. Que faire si l’expert conclut à un défaut de fondations sans sondage ?

  • Demander le fondement des affirmations : plans, sondages, mesures, connaissance de l’ouvrage et constats de terrain.
  • Une hypothèse de défaut constructif doit être distinguée d’une cause démontrée des fissures.
  • Conserver le rapport et envisager un avis technique indépendant lorsque l’enjeu justifie son coût.

4. Une aggravation des fissures après la période reconnue par l’arrêté exclut-elle l’indemnisation ?

  • Distinguer date d’apparition, évolution du dommage et période du phénomène reconnue par l’arrêté.
  • Reconstituer une chronologie avec photographies datées, témoignages, constats et relevés de fissures.
  • Le lien causal doit être apprécié au regard du régime Cat Nat applicable, sans déduire automatiquement le refus d’une aggravation ultérieure.

Pour examiner les rapports, les clauses et les justificatifs de votre situation, vous pouvez demander une analyse gratuite de votre dossier.

Références générales : Code des assurances sur Légifrance, notamment articles L.121-1 et L.127-3 selon les sujets. Repères éditoriaux au 17 octobre 2026 ; les textes et clauses doivent être vérifiés pour chaque dossier.

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